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Biographie de Molière

Molière

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Molière (1622-1673) est un français dramaturge et auteur de théâtre. Grand auteur de comédies il a su faire rire et réfléchir de Louis XIV à nos jours. Dans ses pièces, tout en faisant rire, il n'hésitait pas à fustiger les vices et les malices de la société de son temps. Il a cependant été contraint de modérer ses propos lorsqu'il est devenu trop connu et qu'il jouait en trop haut lieu.
Cet auteur de théâtre était aussi un acteur très talentueux. Il jouait avec sa troupe jusque devant la cours du roi soleil Louis XIV. En 1665, sa troupe de théâtre est même devenu officiellement la troupe du roi et se faisait appeler "troupe du roi au Palais-Royal".
Plus d'informations sur Molière (wikipédia)

Texte intégrales et résumés d"#8217;½uvres de Molière




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Penser l'histoire avec Horace de Corneille

Le thème de l'année 2007-2008 du cours de Français de prépa PSI (et les autres aussi surement d'ailleurs) est : Penser l'histoire.
Trois oeuvres au programme :
Horace de Corneille (1606 - 1684)
Les mémoires d'outre-tombe (livres IX à XII) de Chateaubriand (1768 - 1848)
Le 18 brumaire de Louis Bonaparte de Karl Marx (1818 - 1883)

Vous pouvez lire l'introduction au thème Penser l'histoire sur ce même site. En tout ici, on va parler de l'½uvre Horace de Corneille. Ready to go ? :)

Autour de Corneille et de son époque

Biographie de Corneille (1604 - 1684)
Il est nait à Rouen (2ème ville de France à l'époque. Dingue.) et va étudier chez les Jésuïtes (défenseurs et enseignants de théâtre, comme par hasard.) et c'est la qu'il écrit ses premiers vers en latin.
En 1624, il est licencié de droit et débute une carrière d'avocat et exercera ce métier durant une trentaine d'année. Mais Corneille écrit ! Il écrit des pièces de théâtre : comédie (faisant intervenir des personnages bourgeois, affaires privées) des tragédies (faisant intervenir des personnes nobles, affaires d'états). Sa première comédie : Mélite (en 1629) c'est une pièce qui aura beaucoup de succès. Sa première tragédie est Médée.
C'est alors qu'il rejoint un groupe de 5 auteurs créé par le cardinal de Richelieu afin d'écrire des textes à partir de canevas préparé par Richelieu. Très grand honneur pour Corneille.
Son Illusion comique (1636), tragi-comédie, connait un très grand succès. Puis peu après Le Cid (1637) ! Enorme succès, mais il y a des critiques : le texte ne respecte pas les règles et comment peut-on accepter que le personnage de Chimène épouse le meurtrier de son père ? On parle alors de : la querelle du Cid. Richelieu va demander à l'académie française de trancher et le résultat et défavorable à Corneille. Il le prend mal, forcément. Du coup durant 3 ans il ne produit plus d'oeuvre.

En 1640, Corneille fait jouer Horace. Et c'est la que le début de cette biographie est intéressante, car au travers d'Horace, Corneille a clairement voulu montré qu'il savait faire des tragédies régulières. Malheureusement Horace n'est pas très bien accueilli. (je dis malheureusement pour faire dramatique hein, mais tout le monde sait que je suis censé être objectif, n'est-ce pas ? Mais avouez que Le Cid déchire carrément quand même ;))

Il écrit ensuite tout un tas d'½uvre, il est élu à l'académie des sciences, en 1660 il republie toutes ses grandes ½uvres et écrit des textes rhétoriques sur son art. C'est alors qu'arrive un p'tit jeune : Racine, qui lui fait de l'ombre, Racine attaque Corneille dans une préface ! Les deux auteurs s'affrontent alors en combat singulier en écrivant une tragédie sur le même sujet : Tite de Bérénice pour Corneille et Bérénice pour Racine. C'est Racine qui plait le plus. Hé ouais, on ne peut pas être le meilleur partout ;)

En 1684, Corneille meurt.

Sur le théâtre fin 16ème, début 17ème
Depuis le XVIème siècle le genre théâtrale préféré est la tragi-comédie : sujet amoureux (comme dans les pastorales aussi très prisés), nombreux rebondissement, intrigues compliqués, changements de ton (rire, enlèvement spectaculaire, violence, mutilation). Les tragédies à l'ancienne (style Grec) ne plaisent pas trop.

Mais vers 1630 (Corneille va sur ses 30 ans) les goûts changent : Chapelain écrit la lettre sur la règle des 24h qui fera partit plus tard de la règle des 3 unités. Le but de ce monsieur et de ceux qui le suivent : donner plus de vraisemblance au théâtre et respecter la bienséance comme la morale. (ne choquer ni la morale, ni la raison, ni le goût)
Règle des 3 unités :
  • Une seule scène.
  • Une seule action.
  • Un temps court (24h).
Une pièce de théâtre respectant ces règles s'appelle une tragédie régulière et la première d'entre elle est : Sophonisbe par Mérée.

Contexte politique
Fin XVIème : la France est ruinée suite à la guerre de religion Catholique-Protestant. Des rois (Henri III et Henri IV) ont été assassiné.
Début XVIIème : régence de Louis XIII par Marie de Médicis. (Italienne) => Révolte nobilière, la fronde...
Lorsque Louis XIII monte enfin au pouvoir il est faible car il a une petite santé.C'est le cardinal de Richelieu, ministre fort du roi, qui renforce le pouvoir royal : il arrête et fait exécuter les nobles "rebelles", fait taire les dévots religieux qui le critiquent pour sa déclaration de guerre à l'Espagne, et bien d'autres choses un peu plus concrètement utile ^^ (mais pour le coup, on se fiche des choses concrètement utile ;)) Il y a donc une royauté forte et absolu.
A la mort de Louis XIII : régence de Louis XIV par Anne d'Autriche, une Habsourg. (une famille d'Espagne et du côté de Charles Quint tout ça. De toute façon, toutes les familles royales d'Europe avaient des liens familiaux...)

Et c'est à cette époque que vit Corneille :)

Tour rapide d'Horace
Résumé :
Une guerre éclate entre Albe et Rome, deux villes voisines. Les deux armées se font face et se préparent au combat lorsque le dictateur Albain déclare : "nos deux peuples sont très liés et une guerre nous affaiblirait tellement que nous serions à la merci des peuplades alentours. Choisissons trois héros Albains et trois héros Romains qui s'affronteront en combat singulier, les vainqueurs assureront la victoire à leur peuple et la nation vaincue promet d'être l'esclave de l'autre."
Les trois romains choisis sont trois frères : les Horaces. Les trois albains aussi, ce sont les Curiaces. Or un des Horaces (Horace) est marié à la soeur des Curiaces (Sabine) et un des Curiaces (Curiace) est l'amant de la s½ur des Horaces (Camille). De plus Horace et Curiace se connaissent, ils sont même amis. En apprenant la nouvelle, Horace est prêt à tout pour honorer son peuple et obtenir lui même gloire et honneur. Il rompt tous ses liens familiaux et amicaux. Curiace lui répond aussi à l'appel, mais il est triste de devoir affronté un destin si cruel.
Le combat singulier commence. Sabine et Camille, n'assistant pas au combat, sont remplis d'angoisse. Le peuple refuse un combat si terrible entre de tels amis et séparent les combattants, mais les dieux exigent que le combat reprennent. Finalement, après que ses deux frères aient été tué, Horace tue les trois Curiaces et donne la victoire à Rome. Sabine et Camille apprennent ses informations au goutte à goutte et oscillent entre la joie et la terreur.
En apprenant le résultat final, Camille s'en va trouver Horace et lui exprime sa haine d'avoir tué son amant. Horace excédé d'un tel comportement alors qu'il pense avoir si bien rempli sa mission, la tue. Parricide. (à l'époque ce mot marche aussi pour le meurtre d'une s½ur ;))
Horace est alors jugé, son père le défendait, un autre amant de Camille l'accusait et le peuple ne savait que dire, c'est le roi de Rome, Tulle, qui donne le verdict : Horace vivra, l'histoire oubliera ce meurtre, mais pour autant on n'oubliera pas Camille, on l'enterrera près de son Curiace.

Respect des règles :
  • Un seul lieu : Rome et particulièrement la maison du Vieil Horace.
  • Unité de temps : une journée.
  • Une seule action : la guerre Albaino-Romaine et juste après le combat des Horaces et des Curiaces.
  • Bienséance : il n'y a aucun combat sur scène, tout ce qui est inmontrable est raconté. (le meurtre de Camille n'était pas prévu sur scène, c'est la première actrice qui a souhaité le jouer ainsi)
  • Corneille s'appuie sur l'histoire et particulièrement sur les texte historique de Tite-Live et de Denys d'Halicarnasse.

Corneille a donc respecté toutes les règles, il a bien créé une tragédie régulière. (même si certains lui reprochent notamment le meurtre de Camille.)

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Prépa PSI : Penser l'Histoire - Introduction

Le thème de l'année 2007-2008 du cours de Français de prépa PSI (et les autres aussi surement d'ailleurs) est : Penser l'histoire.
Trois oeuvres au programme :
Horace de Corneille (1606 - 1684)
Les mémoires d'outre-tombe (livres IX à XII) de Chateaubriand (1768 - 1848)
Le 18 brumaire de Louis Bonaparte de Karl Marx (1818 - 1883)

Pour rappel, pour les 3/2 et les 5/2 de cette année, le thème de l'année dernière (l'imagination) est toujours au programme ;) Mais oui, je sais que vous aimez Malebranche :p

I] Définitions

Le mot "histoire" a un double sens :
  • événements qui se sont déroulés dans le passé
  • récit de ces événements
  • On peut rajouter : récit d'événements inventés. Mais ici on va s'en ficher puissamment

Histoire vient du mot "historia" (qui a pour origine le mot "voir") qui signifiait "enquête". Vu que c'est pas super important, on va pas chercher plus loin ^^

Pour "Penser l'histoire", il faut donc :
  • Réfléchir sur ce qu'il s'est passé
  • Réfléchir aux discours qui expliquent ce qui s'est passé

Les philosophes se sont intéressés très tôt à l'histoire. Eh oui, seul l'homme a une histoire, les animaux n'en n'ont pas. Par conséquent, éh bien c'est intéressant (enfin ça peut l'être :p); voilà pourquoi, par exemple, Hegel, Nietzsche, Foucault, Cicéron se sont penchés dessus. Voyons voir quelques définitions de l'histoire données par des philosophes/historiens :
L'historien Marrou : L'histoire c'est La connaissance du passé humain.
L'historien Marc Bloch : L'histoire est la science du passé des hommes.

Vous voyez alors tout de suite quel va sûrement être un de nos problèmes de l'année : comment définir ce qu'est l'histoire puisqu'on la connait au travers d'un récit ? On peut aussi se poser cette question : Peut-on avoir un passé sans qu'on puisse le raconter ?, etc...
Je suppose que vous avez déjà la migraine rien que de penser au nombre de questions que cela implique. Moi aussi ;)

II] Origine de l'histoire

L'histoire a dû naitre à Sumer (croissant fertile en gros, civilisation Sumérienne), en Chine, ou bien en Egypte. (C'est un peu inexacte tout ça, n'est ce pas ? Après tout, qu'importe ?)
Pour définir la "naissance" de l'histoire le plus simple est de dire que l'histoire naît véritablement avec l'écriture. Au départ elle n'est composée que de listes de guerres, de conquêtes, ou bien de dirigeants. Mais très vite, cela se peaufine et on commence à trouver de véritables récits historiques, d'autant plus que l'histoire est lié à la politique. (Horace de Corneille en est (parait-il :huh:) un très bon exemple.)

Tout cela suppose l'apparition d'une "conscience historique", ce qui implique donc l'idée de "temps". C'est l'idée que "ce que l'on vit ne
va pas se reproduire, c'est donc du passé qu'il faut garder en mémoire à tout prix" ou même "il faut éviter que cela se reproduise, gardons-le en mémoire". Cela dit, il y a tout de même cette idée de "Il n'y a rien de nouveau sous le soleil" (qu'expose Salomon dans l'Ecclésiaste, oui, oui c'est un livre de la Bible mais ça, y a peu de chances qu'on vous le dise en cours) que tout se répète.
Une autre preuve de la prise de conscience d'une "histoire" est l'apparition du calendrier, car ce dernier permet de reconstituer une chronologie, de dater. Un calendrier a même un début. (par exemple le calendrier chrétien place l'an 0 à l'année de la naissance de Jésus-Christ.)

On peut donc dire que "penser l'histoire" c'est en noter les événements importants et établir des liens entres eux selon une logique historique variable.
Pourquoi "variable" ? Bah Hérodote (l'un des pères de l'histoire) par exemple présente son travail comme une recherche, il présente l'histoire comme une "mémoire" et il parle autant de son peuple que des autres, les barbares (ce qui montre déjà un certain souci d'impartialité). A d'autres époques (comme au moyen-âge) on n'avait pas la même tolérance envers les autres peuples.

III] Quelles méthodes pour l'histoire ?

But : La vérité (des faits)
Afin de toucher au but, l'histoire travaille sur des traces, souvent des textes.
Corneille travaille à partir des textes de Tite-Live, Marx sur des journaux et Chateaubriand prouve ses écrits à l'aide de textes officiels. (actes de naissances, mariages, morts, etc.)

Le problème principal c'est que l'histoire, c'est l'histoire de l'homme. Or qui étudie l'histoire de l'homme ? Eh bah c'est l'homme. Gênant n'est-ce pas ? (même problème avec le cerveau, mais seuls ceux qui ont lu l'Ultime secret pourront comprendre :lol:) La subjectivité est donc obligatoire, on ne peut que la limiter. Un bon exemple est sans doute Voltaire (1694 - 1778) qui a effectué un vrai travail d'historien sur Le siècle de Louis XIV, mais il a un parti pris contre la religion. (rappelez-vous, il est déiste)

Il faut aussi songer aux mensonges politiques, à la propagande qui ont falsifiés et corrompus bon nombre de documents. Un petit exemple :
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De gauche à droite : Voroshilov, Molotov, Staline et Ejov.
La critique des sources est donc indispensable !

Mais heureusement, malgré tout, on peut essayer de garantir la véracité de l'histoire :
  • Les historiens et les philosophes doivent faire un grand travail de comparaison, de confrontation, de vérification des textes, des traces, des faits. Par exemple, le Carbone 14 permet de dater un objet, c'est une des méthodes que l'on peut utiliser pour vérifier des faits. Les historiens travaillent donc en étroite collaboration avec les archéologues.
  • Le regard des autres historiens, et de la science permettent de corriger et de vérifier l'histoire. Cela dit, il y a toujours des révisionnistes ou négationnistes qui contestent de grandes parties de l'histoire. (comme par exemple la Shoah. Y a des quiches partout.) D'où problème.

IV] L'histoire est-elle une science ?

Aristote (-384, -322) rejette l'étude scientifique de l'histoire. En effet, l'histoire ce sont des faits, il y a une part de hasard et l'homme étant sujet de l'objet le résultat ne peut-être scientifique.

Cela dit, l'histoire vise désormais à être scientifique. On utilise des méthodes de raisonnement particulière : induction, déduction. Il y a un effort de rationalisation. Les historiens s'appuient désormais sur des chiffres, des quantités, le traitement des données se fait de manière scientifique. Enfin, l'histoire s'enseigne. (cela dit, on enseigne aussi le dessin ou la musique. Donc cet argument est un peu pipeau :unsure:)

Le mythe de l'âge d'or
Hésiode (VIIIème siècle av. J.-C.) dans sa Théogomie raconte l'histoire de l'homme et parle de l'âge d'or : l'homme vit dans une période merveilleuse au milieu du dieu Chronos, maitre du temps. L'homme vit donc dans une éternelle jeunesse. Mais par la faute d'Hybris, c'est la décadence et la fin de cette magnifique époque.

Dans l'histoire on remarque donc un désir de revivre les temps passés.

Conception chrétienne de l'histoire
Pour les chrétiens du moyen-âge le souvenir du péché originel est constant. L'homme et la femme étaient en présence directe avec Dieu dans le jardin d'Eden et ils ont été chassé lorsqu'ils ont cueilli et mangé du fruit de l'arbre de la connaissance du bien et du mal.
On pourrait donc parler d'une envie de se racheter. (malheureusement c'est pas trop possible humainement parlant. D'où la redécouverte au moment de la réforme : l'homme ne peut pas se racheter, mais Dieu l'a déjà racheté par Jésus-Christ. Incroyable, mais vrai.)

De plus, il y a aussi cette pensée providentialisme : Dieu intervient dans l'histoire. (on le voit très clairement dans les textes Bibliques au travers du peuple d'Israël)

Le millénarisme
Croyance qu'il y aura un millénium.
C'était dans mon cours, mais je ne vois pas le lien de cette partie avec le reste. Bref, en tout cas, le millénium c'est la période où le messie règnera pendant 1000 ans sur la terre avant (ou après ?) le jugement dernier. C'est développé dans l'Apocalypse. (le dernier livre de la Bible, toujours la même ;))

Foi dans le progrès humain - siècle des lumières (17ème)
Cette foi dans l'homme remplace au 17ème siècle, en quelque sorte, la religion. Des philosophes : Diderot, Condorcet, Voltaire... développent cette idée et espèrent un moment heureux où les hommes auront confiance dans l'avenir et le progrès humain.
Hegel (1770 - 1931) écrira d'ailleurs dans La raison de l'histoire : L'histoire n'est que l'image et l'acte de la raison.

Le Marxisme
L'histoire se dirige vers une société sans classe et l'égalité y règnera.

Les philosophes de la fin de l'histoire
Fukuyama (1952 et c'est tout parce qu'il est pas mort ^^) par exemple, un Hégelien (semble-t-il) parlant de la chute du mur (de Berlin - 9 novembre 1989 svp) exprime qu'il n'y aura plus d'histoire car plus d'affrontement entre les blocs. C'est l'idée que l'histoire a une fin.
Mais son raisonnement ne tient pas à une analyse approfondie ! (c'est quiche parce que ça nous aurait éviter de plancher sur "Penser l'histoire" toute l'année. :lol:)

V] Historiographie ou l'histoire de l'histoire

L'histoire exemplaire
Type d'histoire fondé sur des personnages de bataille. (donc plutôt au moyen-âge) C'est donc très souvent romancé : histoire événementielle. Il y a un côté moral. (héros, ...)

Historiscisme
Voltaire critique l'histoire exemplaire. Ranke (1795 - 1886) définit ainsi l'histoire : montrer comment les choses se sont ainsi passées. On tend donc vers une réalité globale.

Voilà pourquoi, bien avant ces deux personnages, l'école d'Athènes formait des chercheurs, des géologistes et aussi des historiens !

Critiques faites à l'historiscisme : cela reste dans l'événement, il y a incapacité de prendre du recul sur l'histoire.

Le marxisme
Marx balance de nouveaux mots clés : l'économie et l'histoire sociale. L'histoire de toute société jusqu'à nos jours n'a été que l'histoire de la lutte des classes. On touche donc ici au matérialisme historique ! L'histoire devient alors une science.

Ecole des annales
Marc Bloch (1886 - 1944) et Lucien Febvre (1878 - 1956) sont contre l'école historisciste, ils créent alors : l'écoles des annales. Ils veulent étudier tous les aspects de l'histoire : "longue durée" ! On voit alors naitre des études sur tout le bassin méditerranéen au 16ème siècle (de manière historiquement scientifique si je puis dire ^^) l'études de village, du bleu à toutes les époques, l'histoire de la propreté...


Et l'évolution de l'histoire n'est pas finie ! D'autres approches vont venir.
En se balladant un peu sur le net, on remarque facilement des sites comme Wikipédia, l'encyclopédie libre ! On surfe aussi sans difficulté sur des tas de sites Internet ou sur des blogs où tout un chacun exprime et développe ses idées. N'est-ce pas ça le futur de l'histoire ?
Oui je sais, ça fait peur.

VI] Rôle de l'imagination

Au cours de l'histoire, il y eut très vite un procès entre historiens (refusant et s'interdisant l'utilisation de l'imagination) et les auteurs de romains historique. (tolérant l'imagination)
Cela dit au XXème siècle, on redonne à l'imagination un rôle dans l'histoire, car l'histoire devient un genre littéraire L'histoire est d'abord un art, un art littéraire essentiellement. expose G. Duby (1919 - 1996) l'imagination collective est donc nécessaire.

Je suppose et j'espère qu'on aura l'occasion de reparler de l'imagination dans l'histoire.

VII] Conclusion

Alors que dire pour finir ?
Déjà, précisons : le présent s'explique par le passé. Mais pour étudier le passé, il est nécessaire de connaitre le présent. (lire le passé à partir du présent, c'est la méthode qu'emploie Marx dans le 18 Brumaire de Louis Bonaparte)
L'histoire apparait donc comme une forme d'activité intellectuelle à la fois poétique, (c'est-à-dire usant de l'imagination) scientifique et philosophique.


Bon courage pour "Penser l'histoire" cette année, et l'année prochaine pour ces chers sups aussi :p




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[Philosophie] Doit-on le respect au vivant ?

Avant propos

Cette dissertation a été réalisé par un élève de fin d'année de terminale S de France Métropolitaine. (y a pas à dire, c'est classouille de dire "France métropolitaine" ^^) La note obtenue a été de 13/20.
Si vous lisez cette dissertation afin d'enrichir vos connaissances sur le vivant, il vous est vivement conseillé de ne pas faire du copier/coller, mais vous pourrez certainement en tirer quelques idées intéressantes. (enfin je n'ai pas la prétention de dire que mes idées sont intéressantes, mais ce sont des idées philosophiques (parait-il...) et pour faire de la philosophie, il en faut ! Parait-il...)
Si ce n'est pas le cas, et même si c'est le cas : bonne lecture !!


Dissertation

La notion de vivant a beaucoup interrogé les philosophes et beaucoup se sont posés la question de savoir ce qu'il était, ce qui le caractérisait et sa valeur. Le vivant est un quelque chose qui vit, c'est à dire qui : « contient en lui-même le principe de son propre mouvement » selon Aristote. (~384, ~322) Le vivant possède une âme qui est le principe psychique de son animation, c'est un système organisé qui se renouvelle grâce à la nutrition ou l'assimilation. Deux grandes théories s'affrontent sur le vivant : le vitalisme, provenant d'Aristote, et le mécanisme, prôné par Descartes. (1596, 1650) Le vivant représente donc toutes ces choses qui nous entourent et qui vivent, de nous humains, en passant par le singe, l'insecte, l'animal en somme, ou encore le végétal. Nous qui faisons donc partis de ce monde vivant, comment devons-nous l'aborder? Doit-on éprouver de la considération par rapport à une plante ou à une espèce animale? Doit-être éprouver de la déférence pour un insecte? Une quelconque loi morale dit-elle nous empêcher de terrasser l'araignée de la force de notre poing? Finalement cela revient à se poser la question du respect, c'est à dire de ce sentiment de considération, de déférence. (Alquié dira même « dérivé de la loi ») Qu'est ce qui mérite le respect dans le vivant et doit-on, nous, humains, le respect au vivant?
Pour répondre à cette question, nous étudierons plus en détails les pensées mécanistes et vitalistes ainsi que la pensée Biblique.



La pensée mécaniste nous apporte des éléments de réponses quant à la question de respect dû au vivant.
En effet selon cette pensée, la vie est dû à des causes efficientes, des propriétés physiquo-chimique c'est à dire à la structure et aux propriétés des molécules qui constituent le vivant. La génétique en fait une science et cherche à étudier exactement comment fonctionne le vivant et montre que celui-ci est composé d'atomes qui interagissent entre eux pour former un tout. Le vivant serait donc une sorte « d'assemblage mécanique » totalement explicable si on prend la peine de l'étudier. Descartes va même encore plus loin et dit : « Jugeons que le corps d'un homme vivant diffère autant de celui d'un homme mort que fait une montre [...] lorsqu'elle est montée et qu'elle a en soit le principe corporel des mouvements pour lesquels elle est instituée, avec tout ce qui est requis pour son action, et la même montre [...] lorsqu'elle est rompue et que le principe de son mouvement cesse d'agir. » (Les passions de l'âme.) Il y a donc une comparaison aux machines dans le mécanisme.
Ainsi donc, mise à part les caractéristiques propres du vivant (nutrition, assimilation, évolution...) qu'est ce qui différencie l'homme ou tout autre être vivant des « choses sans-vies », d'un objet « mécanique »? Et quel respect doit-on à la mécanique? En se posant cette question on pourrait répondre, que selon la pensée mécaniste, on respecte le vivant comme les autres choses sans-vies, à ceci prêt que le vivant est infiniment plus complexe que le non-vivant (puisque même en prenant la peine de l'étudier, les organismes vitaux restent très complexe et beaucoup de choses restent inconnues à leur sujet.) et donc le respect dû au vivant serait ainsi plus grand. Le vivant est donc considéré en partie par sa complexité et cela se voit bien dans la vie courante, puisque de nombreux chercheurs et chercheuses passent leur journée à l'étudier, donc à « montrer leur déférence ».
Cependant, grâce au progrès de la génétique on peut désormais procréer la vie. Ainsi, est-ce respecter le vivant que de produire un humain sans-tête qui ne servirait que de « réfrigérateur à organes »? Ou encore de tuer la vie dans le ventre de la mère, par l'avortement? Il y a là, la question de l'éthique et de la morale qui renvoie au respect...
Par conséquent la pensée mécaniste prône une certaine forme de respect du vivant, mais entraîne des applications qui ne sont pas forcément respectueuse du vivant, de son âme et de son intégrité.


Mais la pensée vitaliste apporte une autre vision sur le respect dû au vivant.
Dans ce mouvement de pensée, la vivant n'est pas une simple mécanique. En effet les vitalistes démontrent, que puisqu'un individu vivant change continuellement d'aspect, que cela est irréversible et que cet individu ne forme qu'un (c'est à dire que tout ce qui le compose ne forme finalement plus qu'une seule et même chose) alors un être vivant est différent d'une « simple mécanique ». Et ce n'est par conséquent pas les forces mécaniques, physiques, chimiques agissant sur les atomes qui permettent la vie, mais un principe propre au vivant, inexplicable et mystérieux, appelé : « principe vital ». Les vitalistes démontrent sa présence par le fait que toutes les cellules d'un être vivant s'organise pour faire vivre ce vivant, selon une finalité; c'est ce que nous dit Hegel dans Leçons sur les phénomènes de la vie : « le vivant est un tout dont les parties ne sont pas pour elles-mêmes, mais seulement par le tout et en lui, parties organiques, où matière et forme constituent une unité indivisible. » Et la théorie de l'évolution de Darwin s'appuie sur ces idées pour démontrer que le principe de finalité du vivant et le milieu dans lequel il vit, implique son évolution. (c'est à dire sa disparition ou sa mise en valeur, selon ses caractères spécifiques.) Selon le vitalisme, il y a donc un « principe vital » qui pousse à respecter le vivant, à le considérer comme un quelque chose de spécial !
Mais alors il faut se poser la question : doit-on respecter tous les êtres vivants de la même manière? La fourmi produit un travail tout aussi, voir plus collosal que l'être humain et l'architecture produite par les plantes et digne des créations humaines, doit-on donc faire une différence? Naturellement nous serions pousser à dire que l'être humain mérite plus de considération, et c'est en effet le cas, puisque nous côtoyons des humains, nous les connaissons, alors que le monde animal ou végétal nous est bien moins connu et surtout par le fait que nous avons moins d'interaction avec lui. Ainsi donc, si tous les êtres vivants doivent être autant respecté à cause de la force vitale qui les habitent, il y a cependant des vivants plus respectés que d'autre.


La pensée Biblique nous enseigne quant à elle une vision différente du vivant. Selon elle, Dieu créa la terre et tout ce qui l'habite. Par conséquent, Il a aussi créé le vivant. Dans la Bible, dans le livre de la Genèse au chapitre 1, verset 26, lorsque Dieu créa l'homme il est dit : « Faisons les hommes pour qu'ils soient notre image, ceux qui nous ressemblent. Qu'ils dominent sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, sur les bestiaux sur toute la terre et sur tous les reptiles et les insectes. » Par conséquent, l'homme a une position de dominant sur le monde vivant et non une position de respect. Cependant, l'homme, selon la Bible, révère et respecte Dieu, le Créateur. Par conséquent, pourquoi ne respecterait-il pas aussi les créatures du Créateur? De plus, quelques versets plus haut, lorsque Dieu créé les différentes créatures peuplant la terre, il est dit : « Et Dieu vit que c'était bon. » Il considère donc sa création, la respecte en quelques sortes. Ainsi, selon la pensée Biblique, l'homme aimant Dieu, agit de la même manière que son Créateur, il respecte le vivant, il le respecte par sa création, c'est à dire par le fait qu'il soit de création divine.


Mais l'Homme fait partis du vivant. Nous faisons partis du vivant. Ainsi, si nous ne respectons pas le vivant, nous ne nous respectons pas nous-même. Ne pas respecter le vivant revient à ne respecter aucune des personnes qui nous entourent, ce qui empêche toute vie social (et donc entraine une survie difficile dans notre société) et à finir par se détruire sois-même... En effet, Freud a montré que des troubles psychologiques comme un manque totalement de respect ou de confiance de sois-même pouvait entrainer de graves problèmes mentaux. Il y a donc ici une nécessité ici du respect du vivant, une nécessité vitale.



Plusieurs idéologies s'affrontent donc quant au respect dû au vivant, mais toute prône une certaine forme de respect et notre appartenance au vivant nous pousse à la considération et au respect. Ainsi donc, nous nous devons de respecter le vivant, sous toutes ses formes. Que ce soit par respect de la Parole du Créateur, par respect du « principe vital » qui habite le vivant ou alors par l'infini complexité des êtres vivants.
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[Philosophie] Notion de Sujet

Le Sujet c'est l'être doué de pensée.

On peut analyser cette notion en plusieurs points et noter les différentes facettes que les philosophes y ont vu.

Sujet et personne

Le sujet c'est la substance individuelle qui est inaccessible. (on ne peut la voir)
Cependant c'est aussi l'expression qui permet d'apercevoir la substance.

Sujet et politique

La notion de sujet suppose une communauté de sujet, le sujet ne peut être qualifié comme tel que dans sa relation avec les autres. Ainsi tout citoyen est sujet selon Bodin. (philosophe et économiste français du 16ème siècle.) En effet, le sujet obéit à la loi, il y est soumis. Il affirme donc tous les hommes naissent sujet.

Or le citoyen est libre. (Rousseau dira que le citoyen participe à l'autorité souveraine.) Mais le sujet est soumis à la loi de l'état. (toujours d'après Rousseau, si un citoyen ne veut obéir à la loi, alors la société l'y oblige, (soumission) elle le force à devenir libre... :huh:)

La double nature du sujet est donc :
  • Soumission
  • Liberté

La notion de subjectivité

Hegel dira que le sujet ne nait pas sujet mais qu'il le devient. La subjectivité implique la réflexion et la liberté. L'individu doit critiquer, revendiquer, devenir subjectif pour qu'il y est enfin la victoire du sujet/citoyen : pour qu'il devienne sujet. (selon Hegel, on voit particulièrement cela lors du schisme du Christianisme et durant le siècles des Lumières - 18ème siècle- )


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[Philosophie] Repères conceptuels

Il est à noter que cet article n'a pas pour but de faire une définition de tous les repères conceptuels. (il existe des dictionnaires de philosophie de 800 pages pour ça :p) Cet article a juste pour but de définir quelques repères parmi les plus courant afin de ne pas se perdre dans les aléas philosophique.

Les mots dont les définitions ne sont pas séparés par des espaces et qui sont suivis d'une astérix (*) sont des mots qui ont un sens bien particulier, parfois analogue, mais qui ont, en tout cas, des liens entres eux.

  • La Cité : C'est la ville par opposition à la campagne. Un lieu de culture, de civilisation, d'évolution, du progrès constaté qui permet de se renseigner sur l'Homme. La cité, c'est la loi, le pouvoir.
  • Légal :* Purement et simplement conforme à la loi. (n'engage pas la valeur de la loi)
    Légitime :* Conforme à la loi, mais aussi à la valeur de la loi. (loi fondé en raison, conforme à l'ordre des choses à la volonté générale.)
  • Analyse : * C'est décomposer, destructure, délier, déméler une difficulté, un sens.
    Synthèse :* C'est rassembler, unifier des éléments en une unité de sens.
  • Intuition : Pensée immédiate, directe. C'est la saisie immédiate et directe d'un quelque chose par l'esprit. C'est une pensée confuse, peu clair, à démêler, à préciser. (c'est le but des facultés intellectuels : éclaircir.)
  • Conscience morale : Fonction pratique de la conscience permettant de dissocier le bien du mal.
  • Essentiel :* Viens de "essence" : nature profonde de l'être, c'est ce qui le distingue. (nature distinctive)
    Accidentel :* Ce qui arrive sans que cela ne modifie l'essence de l'être.
  • Empirique : Expérience, lien, relation direct réel.
  • Objet : Ce qui se donne à penser. (ce n'est pas forcément quelque chose de concret. Exemple : souvenir, douleur...)
  • Concret : Quelque chose de perçu par au moins un des 5 sens.
  • Spontanéité : Capacité à s'auto-déterminer, à agir.

  • Nécessaire :* Qui ne pourrait pas ne pas être.
    Contingent :* Qui peut ne pas être.
    Possible :* Quelque chose qui n'est pas, mais que rien de matériel, ni de logique, n'empêchent qu'il soit.
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Le surréalisme

Surréalisme, définition du "Petit Larousse Illustré": n.m Mouvement littéraire et artistique né en France au lendemain de la 1er Guerre Mondiale, qui se dresse contre toutes formes d'ordre et de conventions lofiques, morales, sociales et qui leur oppose les valeurs du rêves, de l'instinct, du désir et de la révolte, dans l'expression du "fonctionnement réel de la pensée".

C'est Appolinaire qui en est le précurseur, avant l'heure, mais leur chef de file est André Breton. Le réalisme n'est pas seulement un mouvement littéraire ou artistique (peinture, sculpture) mais aussi un mode de vie.
Les artistes vont porter beaucoup d'importance aux rêves à l'écriture (peinture...) automatique (c'est à dire sans réécriture, correction...) , à l'inconscient, l'hypnose... (André Breton disait: Le surréaliste est à l'ordre du jour et Desnos est son prophète") Ils portaient de l'interêt pour ce que André Breton appelle les "pétrifiantes coïncidences" (dans Nadja) et les prennent comme des signes du destin.
Leur but est de repousser les frontières du réel.
Paul Eluard disait qu'il "donner à voir!", en effet le but du poète est de rapprocher des images insolites pour créer une surréalité qu'il "donne à voir". (d'ailleurs pour les surréalistes, la beauté culmine lors du rapprochement de deux termes les plus opposés possible! Exemple: "La terre qui prend racine", ou dans le même poème, Facile de Paul Eluard: "L'eau détournée de ses abymes.")


Pour citer quelques noms de surréalistes:
- André Breton (chef de fil)
- Paul Eluard, Arpagon, Desnos (qui quittera le "groupe" lorsque les surréalistes s'inscriront au parti communiste vers 1930) pour les écrivains.
- Salvador Daly et Magrit pour les peintres.
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La Compagnie du Saint-Sacrement

La Compagnie du Saint-Sacrement était au départ une Compagnie charitable, elle a fait construire des hopitaux, des écoles...
Par la suite a été mis en place des directeurs de consciences, c'est à dire des personnes pieuses (prêtres ou laïcs*) qui vivaient chez une famille pour la guider spirituellement. Mais de malhonnêtes personnes, de faux-dévots ou des fanatiques se sont infiltrés dans les familles et certains même cherchaient à capter la fortune de la maison.

Cette ordre était soutenu par la reine-mère, c'est à dire la mère du roi Louis XIV. Ainsi ils s'arrogeaient le droit par exemple de censurer certaines pièces de théâtres pour des raisons x ou y.
La comédie de Molière: Le Tartuffe (c'est le nom que l'on connait aujourd'hui) a ainsi été deux fois censurés pour n'être accepté qu'à la 3ème version (version ayant subit de nombreux changements et améliorations pour montrer l'hypocrisie de Tartuffe et la critique des hypocrites, des faux-dévots et non des dévots!) Cette version a été accepté car l'Ordre du Saint Sacrement n'étant plus soutenu par la Reine-Mère (qui est morte!) s'est dissout.

Si la Compagnie du Saint-Sacrement voulait interdire cette pièce c'est parce qu'elle croyait que c'était une pièce contre les dévots alors qu'elle l'est au contraire contre les hypocrites, les faux-dévots...

* Différent du sens actuel. Laïc veut dire une personne non-prêtre.
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Le Code Noir

Le Code Noir a été promulgué par Louis XIV (1638-1715) en 1685, afin de (à l'origine) défendre les esclaves noirs. Il règlemente leur condition dans les colonies.

Ils décrètent plusieurs choses sur les devoirs de l'esclave, les punitions qu'ils encourent et ce qu'ils doivent faire. Par exemple, selon ce code : Les noirs doivent tous être converti au catholicisme. L'article 38 prévoit de plus des punitions en cas de tentative de fuite. (première fois: coupe de l'oreille. Deuxième fois : Coupe le jaret (niveau du pied) Troisième fois : mort...)
Voici ce code en son entier :

Image
Article 1er

Voulons que l'édit du feu Roi de Glorieuse Mémoire, notre très honoré seigneur et père, du 23 avril 1615, soit exécuté dans nos îles; ce faisant, enjoignons à tous nos officiers de chasser de nosdites îles tous les juifs qui y ont établi leur résidence, auxquels, comme aux ennemis déclarés du nom chrétien, nous commandons d'en sortir dans trois mois à compter du jour de la publication des présentes, à peine de confiscation de corps et de biens.

Article 2

Tous les esclaves qui seront dans nos îles seront baptisés et instruits dans la religion catholique, apostolique et romaine. Enjoignons aux habitants qui achètent des nègres nouvellement arrivés d'en avertir dans huitaine au plus tard les gouverneur et intendant desdites îles, à peine d'amende arbitraire, lesquels donneront les ordres nécessaires pour les faire instruire et baptiser dans le temps convenable.

Article 3

Interdisons tout exercice public d'autre religion que la religion catholique, apostolique et romaine. Voulons que les contrevenants soient punis comme rebelles et désobéissants à nos commandements. Défendons toutes assemblées pour cet effet, lesquelles nous déclarons conventicules, illicites et séditieuses, sujettes à la même peine qui aura lieu même contre les maîtres qui lui permettront et souffriront à l'égard de leurs esclaves.

Article 4

Ne seront préposés aucuns commandeurs à la direction des nègres, qui ne fassent profession de la religion catholique, apostolique et romaine, à peine de confiscation desdits nègres contre les maîtres qui les auront préposés et de punition arbitraire contre les commandeurs qui auront accepté ladite direction.

Article 5

Défendons à nos sujets de la religion protestante d'apporter aucun trouble ni empêchement à nos autres sujets, même à leurs esclaves, dans le libre exercice de la religion catholique, apostolique et romaine, à peine de punition exemplaire.

Article 6

Enjoignons à tous nos sujets, de quelque qualité et condition qu'ils soient, d'observer les jours de dimanches et de fêtes, qui sont gardés par nos sujets de la religion catholique, apostolique et romaine. Leur défendons de travailler ni de faire travailler leurs esclaves auxdits jours depuis l'heure de minuit jusqu'à l'autre minuit à la culture de la terre, à la manufacture des sucres et à tous autres ouvrages, à peine d'amende et de punition arbitraire contre les maîtres et confiscation tant des sucres que des esclaves qui seront surpris par nos officiers dans le travail.

Article 7

Leur défendons pareillement de tenir le marché des nègres et de toute autre marchandise auxdits jours, sur pareille peine de confiscation des marchandises qui se trouveront alors au marché et d'amende arbitraire contre les marchands.

Article 8

Déclarons nos sujets qui ne sont pas de la religion catholique, apostolique et romaine incapables de contracter à l'avenir aucuns mariages valables, déclarons bâtards les enfants qui naîtront de telles conjonctions, que nous voulons être tenues et réputées, tenons et réputons pour vrais concubinages.

Article 9

Les hommes libres qui auront eu un ou plusieurs enfants de leur concubinage avec des esclaves, ensemble les maîtres qui les auront soufferts, seront chacun condamnés en une amende de 2000 livres de sucre, et, s'ils sont les maîtres de l'esclave de laquelle ils auront eu lesdits enfants, voulons, outre l'amende, qu'ils soient privés de l'esclave et des enfants et qu'elle et eux soient adjugés à l'hôpital, sans jamais pouvoir être affranchis. N'entendons toutefois le présent article avoir lieu lorsque l'homme libre qui n'était point marié à une autre personne durant son concubinage avec son esclave, épousera dans les formes observées par l'Église ladite esclave, qui sera affranchie par ce moyen et les enfants rendus libres et légitimes.

Article 10

Les solennités prescrites par l'ordonnance de Blois et par la Déclaration de 1639 pour les mariages seront observées tant à l'égard des personnes libres que des esclaves, sans néanmoins que le consentement du père et de la mère de l'esclave y soit nécessaire, mais celui du maître seulement.

Article 11

Défendons très expressément aux curés de procéder aux mariages des esclaves, s'ils ne font apparoir du consentement de leurs maîtres. Défendons aussi aux maîtres d'user d'aucunes contraintes sur leurs esclaves pour les marier contre leur gré.

Article 12

Les enfants qui naîtront des mariages entre esclaves seront esclaves et appartiendront aux maîtres des femmes esclaves et non à ceux de leurs maris, si le mari et la femme ont des maîtres différents.

Article 13

Voulons que, si le mari esclave a épousé une femme libre, les enfants, tant mâles que filles, suivent la condition de leur mère et soient libres comme elle, nonobstant la servitude de leur père, et que, si le père est libre et la mère esclave, les enfants soient esclaves pareillement.

Article 14

Les maîtres seront tenus de faire enterrer en terre sainte, dans les cimetières destinés à cet effet, leurs esclaves baptisés. Et, à l'égard de ceux qui mourront sans avoir reçu le baptême, ils seront enterrés la nuit dans quelque champ voisin du lieu où ils seront décédés.

Article 15

Défendons aux esclaves de porter aucunes armes offensives ni de gros bâtons, à peine de fouet et de confiscation des armes au profit de celui qui les en trouvera saisis, à l'exception seulement de ceux qui sont envoyés à la chasse par leurs maîtres et qui seront porteurs de leurs billets ou marques connus.

Article 16

Défendons pareillement aux esclaves appartenant à différents maîtres de s'attrouper le jour ou la nuit sous prétexte de noces ou autrement, soit chez l'un de leurs maîtres ou ailleurs, et encore moins dans les grands chemins ou lieux écartés, à peine de punition corporelle qui ne pourra être moindre que du fouet et de la fleur de lys; et, en cas de fréquentes récidives et autres circonstances aggravantes, pourront être punis de mort, ce que nous laissons à l'arbitrage des juges. Enjoignons à tous nos sujets de courir sus aux contrevenants, et de les arrêter et de les conduire en prison, bien qu'ils ne soient officiers et qu'il n'y ait contre eux encore aucun décret.

Article 17

Les maîtres qui seront convaincus d'avoir permis ou toléré telles assemblées composées d'autres esclaves que de ceux qui leur appartiennent seront condamnés en leurs propres et privés noms de réparer tout le dommage qui aura été fait à leurs voisins à l'occasion desdites assemblées et en 10 écus d'amende pour la première fois et au double en cas de récidive.

Article 18

Défendons aux esclaves de vendre des cannes de sucre pour quelque cause et occasion que ce soit, même avec la permission de leurs maîtres, à peine du fouet contre les esclave, de 10 livres tournois contre le maître qui l'aura permis et de pareille amende contre l'acheteur.

Article 19

Leur défendons aussi d'exposer en vente au marché ni de porter dans des maisons particulières pour vendre aucune sorte de denrées, même des fruits, légumes, bois à brûler, herbes pour la nourriture des bestiaux et leurs manufactures, sans permission expresse de leurs maîtres par un billet ou par des marques connues; à peine de revendication des choses ainsi vendues, sans restitution de prix, pour les maîtres et de 6 livres tournois d'amende à leur profit contre les acheteurs.

Article 20

Voulons à cet effet que deux personnes soient préposées par nos officiers dans chaque marché pour examiner les denrées et marchandises qui y seront apportées par les esclaves, ensemble les billets et marques de leurs maîtres dont ils seront porteurs.

Article 21

Permettons à tous nos sujets habitants des îles de se saisir de toutes les choses dont ils trouveront les esclaves chargés, lorsqu'ils n'auront point de billets de leurs maîtres, ni de marques connues, pour être rendues incessamment à leurs maîtres, si leur habitation est voisine du lieu où leurs esclaves auront été surpris en délit: sinon elles seront incessamment envoyées à l'hôpital pour y être en dépôt jusqu'à ce que les maîtres en aient été avertis.

Article 22

Seront tenus les maîtres de faire fournir, par chacune semaine, à leurs esclaves âgés de dix ans et au-dessus, pour leur nourriture, deux pots et demi, mesure de Paris, de farine de manioc, ou trois cassaves pesant chacune 2 livres et demie au moins, ou choses équivalentes, avec 2 livres de boeuf salé, ou 3 livres de poisson, ou autres choses à proportion: et aux enfants, depuis qu'ils sont sevrés jusqu'à l'âge de dix ans, la moitié des vivres ci-dessus.

Article 23

Leur défendons de donner aux esclaves de l'eau-de-vie de canne ou guildive, pour tenir lieu de subsistance mentionnée en l'article précédent.

Article 24

Leur défendons pareillement de se décharger de la nourriture et subsistance de leurs esclaves en leur permettant de travailler certain jour de la semaine pour leur compte particulier.

Article 25

Seront tenus les maîtres de fournir à chaque esclave, par chacun an, deux habits de toile ou quatre aunes de toile, au gré des maîtres.

Article 26

Les esclaves qui ne seront point nourris, vêtus et entretenus par leurs maîtres, selon que nous l'avons ordonné par ces présentes, pourront en donner avis à notre procureur général et mettre leurs mémoires entre ses mains, sur lesquels et même d'office, si les avis viennent d'ailleurs, les maîtres seront poursuivis à sa requête et sans frais; ce que nous voulons être observé pour les crimes et traitements barbares et inhumains des maîtres envers leurs esclaves.

Article 27

Les esclaves infirmes par vieillesse, maladie ou autrement, soit que la maladie soit incurable ou non, seront nourris et entretenus par leurs maîtres, et, en cas qu'ils eussent abandonnés, lesdits esclaves seront adjugés à l'hôpital, auquel les maîtres seront condamnés de payer 6 sols par chacun jour, pour la nourriture et l'entretien de chacun esclave.

Article 28

Déclarons les esclaves ne pouvoir rien avoir qui ne soit à leurs maîtres; et tout ce qui leur vient par industrie, ou par la libéralité d'autres personnes, ou autrement, à quelque titre que ce soit, être acquis en pleine propriété à leurs maîtres, sans que les enfants des esclaves, leurs pères et mères, leurs parents et tous autres y puissent rien prétendre par successions, dispositions entre vifs ou à cause de mort; lesquelles dispositions nous déclarons nulles, ensemble toutes les promesses et obligations qu'ils auraient faites, comme étant faites par gens incapables de disposer et contracter de leur chef.

Article 29

Voulons néanmoins que les maîtres soient tenus de ce que leurs esclaves auront fait par leur commandement, ensemble de ce qu'ils auront géré et négocié dans les boutiques, et pour l'espèce particulière de commerce à laquelle leurs maîtres les auront préposés, et au cas que leurs maîtres ne leur aient donné aucun ordre et ne les aient point préposés, ils seront tenus seulement jusqu'à concurrence de ce qui aura tourné à leur profit, et, si rien n'a tourné au profit des maîtres, le pécule desdits esclaves que les maîtres leur auront permis d'avoir en sera tenu, après que les maîtres en auront déduit par préférence ce qui pourra leur être dû; sinon que le pécule consistât en tout ou partie en marchandises, dont les esclaves auraient permission de faire trafic à part, sur lesquelles leurs maîtres viendront seulement par contribution au sol la livre avec les autres créanciers.

Article 30

Ne pourront les esclaves être pourvus d'office ni de commission ayant quelque fonction publique, ni être constitués agents par autres que leurs maîtres pour gérer et administrer aucun négoce, ni être arbitres, experts ou témoins, tant en matière civile que criminelle: et en cas qu'ils soient ouïs en témoignage, leur déposition ne servira que de mémoire pour aider les juges à s'éclairer d'ailleurs, sans qu'on en puisse tire aucune présomption, ni conjoncture, ni adminicule de preuve.

Article 31

Ne pourront aussi les esclaves être parties ni être (sic) en jugement en matière civile, tant en demandant qu'en défendant, ni être parties civiles en matière criminelle, sauf à leurs maîtres d'agir et défendre en matière civile et de poursuivre en matière criminelle la réparation des outrages et excès qui auront été contre leurs esclaves.

Article 32

Pourront les esclaves être poursuivis criminellement, sans qu'il soit besoin de rendre leurs maîtres partie, (sinon) en cas de complicité: et seront les esclaves accusés, jugés en première instance par les juges ordinaires et par appel au Conseil souverain, sur la même instruction et avec les mêmes formalités que les personnes libres.

Article 33

L'esclave qui aura frappé son maître, sa maîtresse ou le mari de sa maîtresse, ou leurs enfants avec contusion ou effusion de sang, ou au visage, sera puni de mort.

Article 34

Et quant aux excès et voies de fait qui seront commis par les esclaves contre les personnes libres, voulons qu'ils soient sévèrement punis, même de mort, s'il y échet.

Article 35

Les vols qualifiés, même ceux de chevaux, cavales, mulets, boeufs ou vaches, qui auront été faits par les esclaves ou par les affranchis, seront punis de peines afflictives, même de mort, si le cas le requiert.

Article 36

Les vols de moutons, chèvres, cochons, volailles, canne à sucre, pois, mil, manioc ou autres légumes, faits par les esclaves, seront punis selon la qualité du vol, par les juges qui pourront, s'il y échet, les condamner d'être battus de verges par l'exécuteur de la haute justice et marqués d'une fleur de lys.

Article 37

Seront tenus les maîtres, en cas de vol ou d'autre dommage causé par leurs esclaves, outre la peine corporelle des esclaves, de réparer le tort en leur nom, s'ils n'aiment mieux abandonner l'esclave à celui auquel le tort a été fait; ce qu'ils seront tenus d'opter dans trois jours, à compter de celui de la condamnation, autrement ils en seront déchus.

Article 38

L'esclave fugitif qui aura été en fuite pendant un mois, à compter du jour que son maître l'aura dénoncé en justice, aura les oreilles coupées et sera marqué d'une fleur de lis une épaule; s'il récidive un autre mois pareillement du jour de la dénonciation, il aura le jarret coupé, et il sera marqué d'une fleur de lys sur l'autre épaule; et, la troisième fois, il sera puni de mort.

Article 39

Les affranchis qui auront donné retraite dans leurs maisons aux esclaves fugitifs, seront condamnés par corps envers les maîtres en l'amende de 300 livres de sucre par chacun jour de rétention, et les autres personnes libres qui leur auront donné pareille retraite, en 10 livres tournois d'amende par chacun jour de rétention.

Article 40

L'esclave sera puni de mort sur la dénonciation de son maître non complice du crime dont il aura été condamné sera estimé avant l'exécution par deux des principaux habitants de l'île, qui seront nommés d'office par le juge, et le prix de l'estimation en sera payé au maître; et, pour à quoi satisfaire, il sera imposé par l'intendant sur chacune tête de nègre payant droits la somme portée par l'estimation, laquelle sera régalé sur chacun desdits nègres et levée par le fermier du domaine royal pour éviter à frais.

Article 41

Défendons aux juges, à nos procureurs et aux greffiers de prendre aucune taxe dans les procès criminels contre les esclaves, à peine de concussion.

Article 42

Pourront seulement les maîtres, lorsqu'ils croiront que leurs esclaves l'auront mérité les faire enchaîner et les faire battre de verges ou cordes. Leur défendons de leur donner la torture, ni de leur faire aucune mutilation de membres, à peine de confiscation des esclaves et d'être procédé contre les maîtres extraordinairement.

Article 43

Enjoignons à nos officiers de poursuivre criminellement les maîtres ou les commandeurs qui auront tué un esclave étant sous leur puissance ou sous leur direction et de punir le meurtre selon l'atrocité des circonstances; et, en cas qu'il y ait lieu à l'absolution, permettons à nos officiers de renvoyer tant les maîtres que les commandeurs absous, sans qu'ils aient besoin d'obtenir de nous Lettres de grâce.

Article 44

Déclarons les esclaves être meubles et comme tels entrer dans la communauté, n'avoir point de suite par hypothèque, se partager également entre les cohéritiers, sans préciput et droit d'aînesse, n'être sujets au douaire coutumier, au retrait féodal et lignager, aux droits féodaux et seigneuriaux, aux formalités des décrets, ni au retranchement des quatre quints, en cas de disposition à cause de mort et testamentaire.

Article 45

N'entendons toutefois priver nos sujets de la faculté de les stipuler propres à leurs personnes et aux leurs de leur côté et ligne, ainsi qu'il se pratique pour les sommes de deniers et autres choses mobiliaires.

Article 46

Seront dans les saisies des esclaves observées les formes prescrites par nos ordonnances et les coutumes pour les saisies des choses mobiliaires. Voulons que les deniers en provenant soient distribués par ordre de saisies; ou, en cas de déconfiture, au sol la livre, après que les dettes privilégié auront été payées et généralement que la condition des esclaves soit réglée en toutes affaires comme celle des autres choses mobiliaires, aux exceptions suivantes.

Article 47

Ne pourront être saisis et vendus séparément le mari, la femme et leurs enfants impubères, s'ils sont tous sous la puissance d'un même maître; déclarons nulles les saisies et ventes séparées qui en seront faites; ce que nous voulons avoir lieu dans les aliénations volontaires, sous peine, contre ceux qui feront les aliénations, d'être privés de celui ou de ceux qu'ils auront gardés, qui seront adjugés aux acquéreurs, sans qu'ils soient tenus de faire aucun supplément de prix.

Article 48

Ne pourront aussi les esclaves travaillant actuellement dans les sucreries, indigoteries et habitations, âgés de quatorze ans et au-dessus jusqu'à soixante ans, être saisis pour dettes, sinon pour ce qui sera dû du prix de leur achat, ou que la sucrerie, indigoterie, habitation, dans laquelle ils travaillent soit saisie réellement; défendons, à peine de nullité, de procéder par saisie réelle et adjudication par décret sur les sucreries, indigoteries et habitations, sans y comprendre les nègres de l'âge susdit y travaillant actuellement.

Article 49

Le fermier judiciaire des sucreries, indigoteries, ou habitations saisies réellement conjointement avec les esclaves, sera tenu de payer le prix entier de son bail, sans qu'il puisse compter parmi les fruits qu'il perçoit les enfants qui seront nés des esclaves pendant son bail.

Article 50

Voulons, nonobstant toutes conventions contraires, que nous déclarons nulles, que lesdits enfants appartiennent à la partie saisie, si les créanciers sont satisfaits d'ailleurs, ou à l'adjudicataire, s'il intervient un décret; et, à cet effet, il sera fait mention dans la dernière affiche, avant l'interposition du décret, desdits enfants nés esclaves depuis la saisie réelle. Il sera fait mention, dans la même affiche, des esclaves décédés depuis la saisie réelle dans laquelle ils étaient compris.

Article 51

Voulons, pour éviter aux frais et aux longueurs des procédures, que la distribution du prix entier de l'adjudication conjointe des fonds et des esclaves, et de ce qui proviendra du prix des baux judiciaires, soit faite entre les créanciers selon l'ordre de leurs privilèges et hypothèques, sans distinguer ce qui est pour le prix des fonds d'avec ce qui est pour le prix des esclaves.

Article 52

Et néanmoins les droits féodaux et seigneuriaux ne seront payés qu'à proportion du prix des fonds.

Article 53

Ne seront reçus les lignagers et seigneurs féodaux à retirer les fonds décrétés, s'ils ne retirent les esclaves vendus conjointement avec fonds ni l'adjudicataire à retenir les esclaves sans les fonds.

Article 54

Enjoignons aux gardiens nobles et bourgeois usufruitiers, amodiateurs et autres jouissants des fonds auxquels sont attachés des esclaves qui y travaillent, de gouverner lesdits esclaves comme bons pères de famille, sans qu'ils soient tenus, après leur administration finie, de rendre le prix de ceux qui seront décédés ou diminués par maladie, vieillesse ou autrement, sans leur faute, et sans qu'ils puissent aussi retenir comme fruits à leur profit les enfants nés desdits esclaves durant leur administration, lesquels nous voulons être conservés et rendus à ceux qui en sont maîtres et les propriétaires.

Article 55

Les maîtres âgés de vingt ans pourront affranchir leurs esclaves par tous actes vifs ou à cause de mort, sans qu'ils soient tenus de rendre raison de l'affranchissement, ni qu'ils aient besoin d'avis de parents, encore qu'ils soient mineurs de vingt-cinq ans.

Article 56

Les esclaves qui auront été fait légataires universels par leurs maîtres ou nommés exécuteurs de leurs testaments ou tuteurs de leurs enfants, seront tenus et réputés, les tenons et réputons pour affranchis.

Article 57

Déclarons leurs affranchissements faits dans nos îles, leur tenir lieu de naissance dans nosdites îles et les esclaves affranchis n'avoir besoin de nos lettres de naturalité pour jouir des avantages de nos sujets naturels de notre royauté, terres et pays de notre obéissance, encore qu'ils soient nés dans les pays étrangers.

Article 58

Commandons aux affranchis de porter un respect singulier à leurs anciens maîtres, à leurs veuves et à leurs enfants, en sorte que l'injure qu'ils leur auront faite soit punie plus grièvement que si elle était faite à une autre personne: les déclarons toutefois francs et quittes envers eux de toutes autres charges, services et droits utiles que leurs anciens maîtres voudraient prétendre tant sur leurs personnes que sur leurs biens et successions en qualité de patrons.

Article 59

Octroyons aux affranchis les mêmes droits, privilèges et immunités dont jouissent les personnes nées libres; voulons que le mérite d'une liberté acquise produise en eux, tant pour leurs personnes que pour leurs biens, les mêmes effets que le bonheur de la liberté naturelle cause à nos autres sujets.

Article 60

Déclarons les confiscations et les amendes qui n'ont point de destination particulière, par ces présentes nous appartenir, pour être payées à ceux qui sont préposés à la recette de nos droits et de nos revenus; voulons néanmoins que distraction soit faite du tiers desdites confiscations et amendes au profit de l'hôpital établi dans l'île où elles auront été adjugées.
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Le déïsme selon Voltaire

Voltaire a une vision très spéciale de la religion, cela s'appelle : le déïsme.
Pour lui Dieu est "le Grand Horloger". Il croit en l'existence d'un Dieu, mais qui est, comme on peut le lire dans Candide (l'épisode ou Candide, Cacambo et Pangloss vont discuter avec le Derviche, le plus grand philosophe de Turquie) comme le chef d'un navire dans lequel les humains seraient des rats qui ne savent pas où est-ce qu'ils vont. Dieu se soucierait donc peu des hommes.

Il n'y a donc pas de prêtres, pas de hiérarchie dans sa conception de l'église. Pas de tribunal de l'inquisition, ni d'auto-dafé. Cela afin d'éviter tous les abus de confiance et les guerres de religions. Il n'y a pas de prières de demandes non plus.

Il y a donc de grandes différences avec les 3 religions monothéistes.

Voir aussi : Biographie de Voltaire

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Fiches sur les personnages dans BEL-AMI

Georges Duroy

Ancien hussard du 6ème hussard en Algérie, Georges Duroy est le personnage principal dans Bel-ami. C'est un homme de grande taille, bien fait, aux cheveux frisés blonds châtains, à la moustache retroussée, aux yeux bleus, clairs, troués d'une pupille toute petite. Il séduit toutes les femmes, quelles soient mariées, célibataires, jeunes, vieilles, ...
Né en Normandie dans le Canteleu de parents paysans, voulant faire sa vie, il quitta ses parents pour l'armée, puis l'armée pour Paris... Il trouve là un travail au bureau de chemin de fer du nord (p.21), mais il n'est pas assez payé pour vivre convenablement : 1500 francs par an.

Heureusement, il a eu la chance de trouver sur son chemin Charles Forestier (voir la fiche sur Charles Forestier) un ancien camarade d'Algérie (du même hussard que lui). Ce dernier lui permit d'entrer à La vie française, un journal.
Ayant fait ces effets pendant un repas chez les Forestier, Georges devient chef des chroniqueurs pendant un temps pour une petite série d'articles sur l'Algérie. Il travail ensuite comme chefs des échos de la vie française.

C'est Mme Forestier (voir fiche sur Mme Forestier) qui lui apprend les principes de base du journalisme, elle l'aide à faire son premier article. Car, bien sur, Georges Duroy ne connaît rien du journalisme (M. Walter (directeur de la Vie française) lui refuse même un article dans la première partie.) Il apprend sur le tas, et devient vite une étoile montante du journalisme... Grâce aux femmes qu'il séduit (voir plus bas) il avance dans le journalisme, d'ailleurs, à la mort de Charles Forestier, il prend son poste au Journal et devient rédacteur politique. Et, en même temps "récupère" aussi sa femme. Il change de nom, il prend un nom plus noble, il s'appelle désormais : Monsieur Du Roy de Cantel. (sous les conseils de Mme Forestier, maintenant Mme Du Roy de Cantel) Par taquinerie, (pour sa femme) il commence à mépriser Forestier, et cette "haine" grandit avec le temps pour devenir véritable.
Toujours grâce à ses aventures amoureuses avec des femmes dont il se souci peu (il n'a que faire des sentiments qu'elles ont pour lui, et il est prêt à se séparer d'elle, sans le moindre scrupule...) il gagne de l'argent (Mme Walter, Suzanne...) ou grimpe des échelons dans sa carrière (Mme Forestier).
Mais Bel-ami en veut plus, toujours plus. Voilà pourquoi il décide de se marier avec Suzanne qui est "pleine d'argent". Pour cela, il surprend sa propre femme (Mme Forestier) en flagrant délit d'adultère avec le ministre Laroche-matthieu, (voir fiche sur Laroche Matthieu) et divorce. Puis, difficilement, mais sûrement, se mari avec Suzanne...
A la fin du livre, il y a une prolepse de ce qui se passera ensuite, Bel-ami ministre...

C'est grâce aux femmes que Bel-ami grandit dans sa carrière, et grâce à elle qu'il gagne de l'argent.

  • Il a d'abord un liaison avec Rachel (femme de mauvaise vie) qu'il séduit sans le vouloir. Elle ne lui apporte " que " du plaisir.
  • Puis, il y a Mme de Marelle. Sa maîtresse avec qui il se dispute et se réconcilie tout au long de l'histoire. Celle-ci lui apporte beaucoup de plaisir, et de l'argent (A un moment, Bel-ami est complètement fauché, tellement il sort avec Mme de Marelle. Celle-ci lui donne de l'argent, qu'il refuse. Mais elle lui cache dans ses chaussures, son habit, etc...)
  • Toujours comme maîtresse, il a eu Mme Walter (la femme de son directeur) , il lui ment, pour pouvoir lui soutirer des informations, celle ci les lui donne, et s'accroche à lui ! Bel-ami, commence à se lasser d'elle, il l'a rejette avec difficulté (car elle s'accroche !)
  • Mme Forestier, juste après la mort de Charles Forestier, Bel-ami le remplace. Mme Du Roy de Cantel l'aide dans son travail, dans ces réflexions. Et surtout dans l'argent (par exemple, lors de l'héritage qu'elle reçoit du comte De Maudreg, il prend la moitié, alors qu'il n'aurait rien du recevoir !)
  • Et enfin, il y a Suzanne, la fille de son directeur et de son ancienne maîtresse (qui meurt presque en apprenant l'idée du mariage !). Son père étant très riche, Bel-Ami la convoite, et mettra en place tout un plan pour la demander en mariage et en faire sa femme. S'il fait cela en grande partie pour l'argent, il est tout de même dis tout au long du livre que Suzanne était très belle et qu'une réelle relation s'était créée entre eux. (bien qu'on ne puisse connaître la sincérité de Bel-Ami)

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Madelaine Forestier, puis Du Roy de Cantel (puis De Dol)

Blonde, séduisante, intrigante et déterminée, Madeleine Forestier est décrite comme une femme moderne. Car elle apparaît comme une femme plus indépendante que les autres. Sous ces apparences, se cache une femme manipulatrice. Sans en avoir l'air, elle sait choisir puis tirer profit de ses relations : Forestier, son mari lui sert de " gagne-pain ", elle espère faire encore mieux avec Georges Duroy, Vaudrec, son présumé amant, lui léguera sa fortune et par l'intermédiaire de Laroche Mathieu elle accédera au monde de la politique.
Elle se sert donc des hommes pour réussir.

Elle aide Georges Duroy pour son premier article, ce qui va le propulser dans le journal. Celui-ci l'aime au début du livre, et va jusqu'à la détester à la fin. (il voit qu'il n'a pas vu assez large en l'épousant. Suzanne Walter lui aurait rapporté plus. Tout au long du livre, on voit que Bel-ami change d'idée et voit de plus en plus grand. Il est parfois freiner par son passé, mais il avance tout de même en avant, ce qui le mènera ministre...)


Charles Forestier

Ancien hussard du 6ème hussard en Algérie, et ancien compagnon d'arme de Georges Duroy.
Il travaille à la vie française en temps que rédacteur politique. Il y est bien à son aise, bien vue par le directeur M. Walter (voir fiche sur M.Walter), d'ailleurs, son passe temps favori (comme beaucoup à la vie française) est le bilboquet... Il a son bilboquet personnel, et en fait quasiment tous les jours ! Il a fait son chemin...
Mais on voit qu'il n'aurait rien réussi s'il n'avait pas eut sa femme. En effet, c'est elle qui l'aide grandement dans la rédaction de ses articles, Saint potin dit même : " quant à celui-là, il a de la chance d'avoir épousé sa femme ". Et cela confirme que Mme Forestier se sert des hommes pour réussir...
Si tout semble aller bien pour lui, il y a tout de même un problème, et un gros. Il est atteint d'une bronchite qui le fait tousser 6 mois sur 12 (dit-il !). Et cela l'inquiète beaucoup, tout au long du roman, il est inquiet à ce sujet... Il compare ses poumons à du papier mâché. A la fin de sa vie, il ne vit que pour son métier, et essaie de le faire aussi bien que possible, malgré ce qu'on dit de lui. Pour se " refaire ", il part en province avec sa femme, mais elle voit que sa fin est proche, elle appelle donc Bel-ami, qui vient. Et Forestier après avoir essayer de repousser la mort par la parole (dialogue où il raconte qu'il ne veut pas mourir...) meurt dans les bras de sa femme avec Bel-ami à son chevet.
C'est tout de même lui qui amène Bel-ami à faire du journalisme, et donc c'est un personnage important du roman. D'ailleurs, jusqu'à la fin du roman, Georges Du Roy de Cantel n'a pas arrêté de se moquer de lui : " ce cocu de forestier..." ... Au début pour taquiner sa femme, puis parce que les gens le prenaient pour " Forestier 2 ", et il a ainsi eut une véritable haine envers lui...


M. Walter

M.Walter est le directeur de la vie française, c'est un escroc, un homme avide d'argent et de pouvoir... Il recherche les coûts juteux, qui rapportent gros et cela ne le dérange pas de rouler les gens... Il est juif, et très riche.
Bel-ami devint jaloux de lui à cause d'un affaire qui lui fit rapporter, avec le ministre Laroche-Matthieu, plusieurs millions ! Suite à cette affaire, il organise des soirées, achète des hôtels, et même une grande toile du Christ marchand sur l'eau...
Il est fier de son journal, et quand Bel-ami se fait " insulter " par Louis Langremont, il le pousse à sauver l'honneur de la vie française, et donc à faire un duel ! Il reconnaît que Bel-ami a du talent, et il voit en lui un homme pire que lui-même (quand il lui " prend " sa fille par exemple. Il reconnaît qu'il s'est fait rouler et qu'il ne peut que lui donner...) il dit de Georges Duroy : "c'est un homme d'avenir. Il sera député et ministre. "


Mme Walter

C'est la femme du directeur, M. Walter. Elle est catholique. Quand Georges Duroy la séduit, elle ne veut pas se perdre, et prie, demande de l'aide à Dieu, aux hommes pour résister à ce charmeur qui veut la perdre. Elle finit tout de même par lâché prise et s'abandonne totalement à Bel-ami. Celui ci lui soudoie des informations, qu'elle lui donnera. Elle lui permettra même de récolter un peu d'argent dans l'affaire du Maroc. Mais, elle énerve Bel-ami, il l'a trouve trop " gamine ", alors il décide de la rejeter, cela lui brisera le coeur. Et quand sa fille lui annonce qu'elle veut se marier avec son ancien amant, elle refuse de toutes ses forces, même après l'évidence, et " meurt " de chagrin...


Jacques Rival

Jacques Rival est chroniqueur dans la vie française. Il est d'ailleurs l'un des trois meilleurs dans Paris. Il sait trouver les sujets d'actualités ce qui lui permet d'être apprécié de M. Walter. Il est payé environ 30 000 francs par an, pour 2 articles par semaine. (Georges Duroy fait sa connaissance p.24) C'est aussi un fameux duelliste, c'est d'ailleurs lui qui fournit arme et munitions à Bel-ami quand celui-ci doit se battre en duel contre Louis Langremont. (duel qui se finit par un match nul.) Il entraîne Bel-ami avant le combat, le conseil, et l'encourage...


Norbert de varenne

Norbert de Varenne est " un petit homme à longs cheveux, gros, d'aspect malpropre ". (selon la page 24)
C'est un poète, assez bon puisque chacun de ses poèmes, contes, etc... se vendent 100 francs, et certains ne font pas plus de 200 lignes !
Il n'a pas de grande importance dans le livre, mais dans la vie française, c'est un bon chroniqueur.


Saint potin

Saint potin, est " un petit homme très pâle, bouffi, très gras, chauve, avec un crâne luisant, et le nez sur son papier par suite d'une myopie excessive...". (selon la page 68.)
Il travaille comme reporter, son but est de trouver des potins. Il est très doué pour cela (d'où son nom) et il a l'art de resservir toujours les mêmes articles sous des titres différents, en changeant les tournures et l"#8217;ordre des phrases. (en s'abreuvant de temps en temps de nouvelles fraîches chez les concierges de l'hôtel Bristol et du continent)


Le ministre Laroche-Matthieu

Laroche-matthieu est un personnage moindre dans le début du texte jusqu'à ce qu'il devienne ministre des affaires étrangères. Là, il commence à se faire jalouser par Bel-ami, puis détesté par lui. Il a une affaire avec M. Walter sur le Maroc grâce auquel il gagne des millions, ce qui augmente encore plus la jalousie de Georges Duroy...
Il a une relation amoureuse avec Mme Du Roy de Cantel, qui le séduit et peut-être le manipule... En tout cas, il est pris en flagrant délit d'adultère avec elle par Bel-ami, et s'en est fini de sa carrière.


La vie française

Le journal la vie française est un quotidien.
Voici son organisation :
- Patron et rédacteur en chef : M. Walter.
- le rédacteur : personne qui participe à la rédaction du journal. Charles Forestier est rédacteur politique, à sa mort c'est Georges Du Roy de Cantel qui le remplace.
- le chroniqueur : personne qui tient une chronique dans le journal, la chronique peut être littéraire, poétique... Jacques Rival et Norbert de Varenne sont des chroniqueurs.
- le reporter : journaliste qui recueille des informations diffusées par la presse. Comme Saint Potin.
- l'échotier : rédacteur qui rédige les nouvelles qui circulent dans les salons et les lieux publics. Les échos sont la " moelle " du journal, c'est ce qui le fait lire par le " tout public ". Georges Duroy, juste après le premier dîner chez les Forestier est nommé chef des échos.

La vie française prend de plus en plus d'importance au file du livre. Son sujet principale est la politique. Et pendant le livre, l'affaire du Maroc. (M.Walter et Laroche on gagnait beaucoup d'argent grâce à cela. Ici, Maupassant a imaginé une histoire qui se passera plus tard. Il s'est fié à ce qui s'est passé en Tunisie.)
Tous les personnages principaux ont un lien avec la vie française, et participe à son fonctionnement.


Les relations entre la presse, la politique et les finances

La presse parle de politique, et encore plus particulièrement dans Bel-ami. Et la politique parle par la presse. De plus on voit qu'une personne du milieu de la presse (M. Walter) et un politicien (M. Laroche-matthieu) ont des liens, ont des affaires (financières ou non) communes. Et on voit qu'un journaliste peut faire de la politique (Bel-ami, Forestier).
La presse rapporte de l"#8217;argent (M. Walter à beaucoup d'argent, grâce à son journal, Bel-ami, gagne de l'argent grâce à la presse !) et des affaires politiques, peuvent rapporter de l'argent.
Dans ce livre, on voit qu'il y a des relations entre la presse, la politique, et les finances...


Conclusion

Finalement, si on enlevait la vie française de Bel-ami, est ce que Bel-ami pourrait exister ?
Non, en aucun cas, l'histoire est lié à la presse, à la vie française, seul quelques passages n'en parle pas ou n'en font nullement parti. Si on enlevait la vie française de Bel-ami, c'est comme si on enlevait le personnage de Bel-ami. Il ne resterait plus rien. Qu'un personnage qui reste dans son travail de chemin de fer. La vie française est un personnage caché, et on ne se doute pas que c'est un des acteurs principaux du roman, pourtant, l'action du roman à un lien avec la presse, et donc avec la vie française.

Compte-rendu de lecture de : Les Choéphores

Présentation de l'auteur

Eschyle (v. 525-456 av. J.-C.), poète tragique grec considéré comme le créateur de la tragédie.
Né à Éleusis près d'Athènes dans une famille de notables il participe aux batailles de Marathon (490 av. J.-C.) et de oealamine (480 av. J.-C.), où l'armée grecque est victorieuse. Très marqué par cette période de sa vie, Eschyle donne d'ailleurs une large place à la guerre dans son oeuvre. Il connaît un grand succès de son vivant en remportant treize fois le concours dramatique annuel d'Athènes (la première fois en 484 av. J.-C.). En 468 av. J.-C., il est détrôné pour la première fois par oeophocle.
Sept tragédies d'Eschyle seulement nous sont parvenues : les oeuppliantes (v. 490 av. J.-C.), les Perses, les Sept contre Thèbes (467 av. J.-C.), la trilogie de l'Orestie (Agamemnon, les Choéphores, les Euménides) (représentées en 458 av. J.-C.) et Prométhée enchaîné (après 467 av. J.-C.). Il aurait en réalité écrit entre 80 et 90 tragédies. Nous connaissons le titre de 79 d'entre elles.

Présentation de l'oeuvre

Comme toutes les pièces d'Eschyle, Les choéphores est une tragédie qui est le deuxième épisode de la tragédie qui est le deuxième épisode de la trilogie de L'Orestie s'inspirant de la mythologie grecque.
Les Choéphores raconte l'histoire de Oreste quittant l'exile pour venir venger la mort de son père Agamemnon qui revenant victorieux de la guerre de Troie se fit assassiner par sa femme Clytemnestre et son amant Egisthe.
Découvrant que pour venger son père, il devrait tuer sa mère alors que le matricide* lui fait horreur (*matricide = meurtre de sa mère), il décide de consulter L'oracle de Delphes pour prendre sa décision. Doit-il tuer sa mère et Egisthe son amant ?

Bilan personnal de lecture

Appréciations
Les Choéphores est une pièce assez courte facile, à lire et plaisante, elle a de l'intérêt compte tenu du fait que c'est une pièce datant de l'antiquité et qu'il en existe peu et surtout de Eschyle, ce dernier est d'ailleurs considéré comme le créateur de la tragédie ce qui augmente encore l'intérêt de cette oeuvre.

Commentaires
Les personnages :
- Oreste : Membre de la famille des "Atrides", fils matricide d'Agamemnon (ce dernier est mort) roi de "Mycènes", et de Clytemnestre, on sait qu'il est le petit frère de Electre qui l'envoya vivre avec son Oncle roi de "Phocis", on ne sait pas son age.
Il est le personnage principal de la pièce qui revient pour venger son père qui a été assassiné.
- Electre : Membre de la famille des "Atrides", fille d'Agamemnon et de Clytemnestre, après le meurtre de son père, elle vécut pauvrement et sous surveillance pendant que Clytemnestre et son amant Egisthe régnaient sur le royaume de "Mycènes".
Oreste et Pylade se rendirent sur la tombe d'Agamemnon ou ils rencontrèrent Electre venue pour des libations et des prières de vengeance.
- Clytemnestre : oeeine de "Mycènes", femme d'Agamemnon et fille de Tyndare. Elle tua Agamemnon avec l'aide d'Egisthe pour avoir sacrifié son 2ème enfant Iphigénie afin d'avoir les vents favorables pour partir vers Troie.
Elle est devenue avec son amant Egisthe, les ennemis de Oreste, pour avoir tué Agamemnon.
- Egisthe : Fils de Thyeste et de la soeur de celui-ci, Pélopia. Il devint l'amant de la reine Clytemnestre et aida cette dernière à tuer Agamemnon, il devint l'ennemi d'Oreste pour avoir tué Agamemnon.
- Pylade : Fils de oetrophios roi de "Phocide", et d'Ananibia soeur d'Agamemnon. Il suit Oreste lors de sa quête de vengeance, il est compagnon et ami d'Oreste.
- Le Choeur : Ensemble de captives.
- Le Coryphée : Chef de Choeur, il représente le choeur qui ne peut pas parler avec les personnages, il représente tous les choreutes, il peut par conséquent parler avec les personnages comme Oreste.
- Autres personnages : esclave, nourrice, serviteur.

Le lieu :
La première partie de la pièce ou Electre rencontre Oreste et Pylade se passe devant la tombe d'Agamemnon et la série de meurtre se passe dans le palais des "Atrides".

L'intrigue :
L'intrigue est que durant la pièce, on ne sait pas si Oreste va tuer sa mère Clytemnestre, quand il apprend qu'il doit la tuer, il est contre car il déteste le matricide puis l'Oracle semble lui permettre mais Clytemnestre le met à l'épreuve.

La dramaturgie :
La pièce a l'aire très vive, les personnages rentrent et sortent de la pièce à tout bout de champs et les didascalies servent à donner le ton sur lequel les personnages doivent parler, leurs gestes, leur déplacements...
"Les Choéphores" :
- Il coupe une boucle [...]
- Entre le Choeur [...]
- Il sort, éperdu [...]


Le style :
La pièce est d'un style très soutenu.
"Les Choéphores" :
- Tu as succombé a une mort cruelle !
- Contemplez les deux tyrans de la patrie.


Conclusion

Les agréments
C'est une pièce facile à lire qui illustre bien la tragédie tel qu'elle est apparue à l'antiquité.
Voir jouer cette pièce
Je pense qu'il pourrait être intéressant d'aller voir cette pièce pour savoir de quelle façon ces rôles devraient être interprétés mais je ne voit pas trop en quoi cela pourrait nous aider à mieux comprendre notre temps et notre vie à part pour nous réapprendre la notion de tragédie.
Le rôle que je préfèrerais interpréter
Pour être franc, je ne suis pas à l'aise devant du monde alors je préférerais jouer Pylade, il ne parle pas beaucoup puis j'ai lu son histoire et elle me plaît, il est le genre de personnage que j'aimerais jouer.
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Compte-rendu de lecture de : Les Mouches

I. Présentation de l'auteur


Jean Paul Sartre est né en 1905. Il vit à Paris. C'est un écrivain dramatique, et philosophe français. C'est aussi le fondateur avec Simone de Beauvoir, de la revue des Temples modernes (1944), et directeur du journal Libération (1973). Il refusa le prix Nobel en 1964. Mais l'existentialisme sartrien s'illustre avant tout par ses romans et nouvelles. Et surtout son théâtre (Les Mouches (1943), Huis clos (1945), Le Diable et le bon Dieu (1951), Kean (1954), Les séquestrés d'Altona (1959) et Les Mouches (1972))

II. Bilan de la pièce

Les Mouches est une oeuvre de genre théâtral.
C'est un roi Agamemnon à son retour, on pouvait apercevoir qu'il n'y avait aucune mouche. Ça se situe dans une petite ville de province nommé Argos. Au soir du deuxième jour la reine Clytemnestre était accompagnée d'Egisthe, le roi actuel. Les gens d'Argos ne disent rien. Egisthe, vous devez le savoir est l'amant de Clytemnestre. Quand je vous dis qu'ils n'ont rien dit c'est au moment où ils ont vu leur roi paraître aux portes de la ville.
Et quand ils ont vu Clytemnestre lui tendre ses beaux bras et chacun d'eux avaient dans la tête, l'image d'un grand cadavre à la face éclatée. Agamemnon à sa mort a laissé une fille appelée Electre qui est devenue la servante de la reine, sa mère et Egisthe son assassin règnent en chassant le fils d'Agamemnon, un certain Oreste qu'on dit mort...


C'est une pièce avec un vocabulaire soutenu mais très facile à lire, l'histoire est entraînante on a tout le temps envie d'avancer dans les énigmes. Je vais vous parler d'Electre, la fille de la reine, qui est aujourd'hui sa servante.
Elle est admirable pour sa force d'être restée vivre à Argos maltraitée avec la mort de son père et la méconnaissance de son frère qui la hante. Dans cette pièce il y a parfois des scènes entières de monologue mais les scènes son majoritairement des dialogues pouvant aller de 4 personnages à plus.


Il y a des didascalies dans le texte, celles placées au début d'une scène indiquent le plus souvent le lieu et les personnages (Exemple : "Electre, portant une caisse, s'approche sans le voir de la statue de Jupiter"). Celles placées dans dialogues indiquent plutôt la façon de jouer et d'interpréter la scène (Exemple : "se frottant à lui").
La mise en scène est dans un espace d'à peu près ans dans le temps. L'espace de représentation de la scène paraît grand (tout le palais d'Argos).


Voir cette pièce pourrait nous aider à mieux comprendre leur temps rien qu'avec leurs vêtements, leur façon de vivre. Dans cette pièce, l'agréable, c'est qu'on ne s'ennuie jamais, il y a toujours de l'action car il y a un désir de vengeance du fils, Oreste, qui revient et qui va réussir à convaincre sa soeur Electre, qu'il est quelqu'un de bien. Il va réussir son but de se venger de la mort d'Agamemnon. Quant à son tour Egisthe ne prendra pas la place du roi, beaucoup d'émotion à ce moment.


J'aurais aimé interpréter Oreste car je l'admire pour son courage et surtout d'avoir continué à encourager sa soeur qui avait du mal à croire ce qui se passait.
Elle voulait se laisser mourir et lui l'en a dissuadé. J'aime aussi son sang froid qu'il a devant Egisthe quand il le tue. Oreste est quelqu'un de persistant. C'est pour ça que c'est le héros car il a délivré Argos.

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Compte rendu de lecture de John L'enfer de Dider Decoin

I. Présentation de l'auteur :
Né à Neuilly-sur-Seine le 13 mars 1945. Journaliste, romancier, homme de radio et de cinéma, il est le fils d'H. Decoin, cinéaste à succès. C'est comme journaliste au « Figaro » et à « France-soir » qu'il commence sa carrière. De ses nombreux livres, c'est « John L'Enfer » qui lui valut le Goncourt en 1977.

II. Présentation de l'oeuvre :
Ce roman raconte l'histoire de trois destins qui vont se croiser et nouer des liens pour tenter de survivre à New York ou l'éventualité d'une apocalypse devient presque crédible.

Tout commence quand John L'Enfer, un laveur de carreau Cheyenne fait la rencontre d'une jeune femme devenue aveugle pour quelque temps, Doroty Kaine. Le Cheyenne décide alors de s'occuper d'elle jusqu'à ce qu'elle recouvre la vue, jusque là, il ferait de son mieux pour la conquérir. La jeune fille accepte et avec Asthon Mysha, un compagnon d'hôpital de la jeune fille, le Cheyenne essayera de survivre et de faire de son mieux pour protéger la jeune fille de New York et de ses obstacles et pièges.

III. Commentaire :
Le récit est construit de telle manière que l'on sait à peu près tout des différents personnages du récit, rien ne nous est inconnu. Tout au long du récit, les problèmes et les difficultés s'enchaînent contre les 3 héros, ou plutôt les 3 martyrs de New York. Ainsi, tout au long du récit, on se demande si oui ou non Doroty Kaine retrouvera la vue et si oui ou non, New York ne va pas les achever. On remarque que les différents « héros » ont très tendance à se rapprocher de la mort, comme si ils y étaient destinés.

Le récit se déroule d'un point de vue omniscient, on sait ce que ressentent et ce que pensent les différents personnages, les questions qu'ils se posent.

IV. Un livre à conseiller ?
Ce livre est conseiller à tous ceux qui aiment les romans à tension mais il reste assez particulier, il remet beaucoup en question la condition de l'homme, il traite des problèmes de société à New York, des procédés macabres qui existent, c'est une approche sur la mort.

V. Qu'est-ce que l'on en retient ?
On en retient une leçon sur les conditions de vies de certaines personnes, les problèmes que l'on peut rencontrer malgré l'amour. La vie n'est pas rose, il faut se battre pour survivre.
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Préface de Pierre et Jean

Je n'ai point l'intention de plaider ici pour le
petit roman qui suit. Tout au contraire, les idées que je vais essayer de
faire comprendre entraîneraient plutôt la critique du genre d'étude
psychologique que j'ai entrepris dans Pierre et Jean.

Je veux m'occuper du Roman en général.
Je ne suis pas le seul à qui le même reproche soit adressé par les mêmes critiques, chaque fois que paraît un livre nouveau.
Au milieu des phrases élogieuses, je trouve régulièrement celle­ci sous les mêmes plumes
­ Le plus grand défaut de cette oeuvre, c'est qu'elle n'est pas un roman à proprement parler.
On pourrait répondre par le même argument :
­ Le plus grand défaut de l'écrivain qui me fait l'honneur de me juger, c'est qu'il n'est pas un critique.
Quels sont en effet les caractères essentiels du critique ? Il faut que, sans parti pris, sans opinions préconçues, sans idées d'école, sans attaches avec aucune famille d'artistes, il comprenne, distingue et explique toutes les tendances les plus opposées, les tempéraments les plus contraires, et admette les recherches d'art les plus diverses.
Or, le critique qui, après Manon Lescaut, Paul et Virginie, Don Quichotte, Les Liaisons dangereuses, Werther, Les Affinités électives, Clarisse Harlowe, Emile, Candide, Cinq­Mars, René, Les Trois Mousquetaires, Mauprat, Le Père Goriot, La Cousine Bette, Colomba, Le Rouge et le Noir, Mademoiselle de Maupin, Notre­Dame de Paris, Salammbô, Madame Bovary, Adolphe, Monsieur de Camors, L'Assommoir, Sapho, etc., ose encore écrire : « Ceci est un roman et cela n'en est pas un », me paraît doué d'une perspicacité qui ressemble fort à de l'incompétence.
Généralement ce critique entend par roman une aventure plus ou moins vraisemblable, arrangée à la façon d'une pièce de théâtre en trois actes dont le premier contient l'exposition, le second l'action et le troisième le dénouement.
Cette manière de composer est absolument admissible à la condition qu'on acceptera également toutes les autres.
Existe­t­il des règles pour faire un roman, en dehors desquelles une histoire écrite devrait porter un autre nom ?
Si Don Quichotte est un roman, Le Rouge et le Noir en est­il un autre ? Si Monte­Cristo est un roman, L'Assommoir en est­il un ? Peut­on établir une comparaison entre les Affinités électives de
Goethe, Les Trois Mousquetaires de Dumas, Madame Bovary de Flaubert, M. de Camors de M. O. Feuillet et Germinal de M. Zola ? Laquelle de ces oeuvres est un roman ? Quelles sont ces fameuses règles ? D'où viennent­elles ? Qui les a établies ? En vertu de quel principe, de quelle autorité et de quels raisonnement ?
Il semble cependant que ces critiques savent d'un façon certaine, indubitable, ce qui constitue un roman et ce qui le distingue d'un autre qui n'en est pas un. Cela signifie tout simplement que, sans être des producteurs, ils sont enrégimentés dans une école, et qu'ils rejettent, à la façon des romanciers eux­mêmes, toutes les oeuvres conçues et exécutées en dehors de leur
esthétique.
Un critique intelligent devrait, au contraire, rechercher tout ce qui ressemble le moins aux romans déjà faits, et pousser autant que possible les jeunes gens à tenter des voies nouvelles.
Tous les écrivains, Victor Hugo comme M. Zola, ont réclamé avec persistance le
droit absolu, droit indiscutable de composer, c'est­à­dire d'imaginer ou d'observer, suivant leur conception personnelle de l'art. Le talent provient de l'originalité, qui est une manière spéciale de penser, de voir, de comprendre et de juger. Or, le critique qui prétend définir le Roman suivant l'idée qu'il s'en fait d'après les romans qu'il aime, et établir certaines règles invariables de composition, luttera toujours contre un tempérament d'artiste apportant une manière nouvelle. Un critique, qui mériterait absolument ce nom, ne devrait être qu'un analyste sans tendances, sans préférences, sans passions, et, comme un expert en tableaux, n'apprécier que la valeur artiste de l'objet d'art qu'on lui soumet. Sa compréhension, ouverte à tout, doit absorber assez complètement sa personnalité pour qu'il puisse découvrir et vanter les livres mêmes qu'il n'aime pas comme homme et qu'il doit comprendre comme juge.
Mais la plupart des critiques ne sont, en somme, que des lecteurs, d'où il résulte qu'ils nous gourmandent presque toujours à faux ou qu'ils nous complimentent sans réserve et sans mesure.
Le lecteur qui cherche uniquement dans un livre à satisfaire la tendance naturelle de son esprit, demande à l'écrivain de répondre à son goût prédominant, et il qualifie invariablement de remarquable ou de bien écrit l'ouvrage ou le passage qui plaît à son imagination idéaliste, gaie, grivoise; triste, rêveuse ou positive.
En somme, le public est composé de groupes nombreux qui nous crient :
­ Consolez­moi.
­ Amusez­moi.
­ Attristez­moi.
­ Attendrissez­moi.
­ Faites­moi rêver.
­ Faites­moi rire.
­ Faites­moi frémir.

­ Faites­moi pleurer.
­ Faites­moi penser.
Seuls, quelques esprits d'élite demandent à l'artiste :
­ Faites­moi quelque chose de beau, dans la forme qui vous conviendra le mieux, suivant votre tempérament.
L'artiste essaie, réussit ou échoue.
Le critique ne doit apprécier le résultat que suivant la nature de l'effort ; et il n'a pas le droit de se préoccuper des tendances.
Cela a été écrit déjà mille fois. Il faudra toujours le répéter.
Donc après les écoles littéraires qui ont voulu nous donner une vision déformée, surhumaine, poétique, attendrissante, charmante ou superbe de la vie, est venue une école réaliste ou naturaliste qui a prétendu nous montrer la vérité, rien que la vérité et toute la vérité.
Il faut admettre avec un égal intérêt ces théories d'art si différentes et juger les oeuvres qu'elles produisent, uniquement au point de vue de leur valeur artistique en acceptant a priori les idées générales d'où elles sont nées.
Contester le droit d'un écrivain de faire une oeuvre poétique ou une oeuvre réaliste, c'est vouloir le forcer à modifier son tempérament, récuser son originalité, ne pas lui permettre de se servir de l'oeil et de l'intelligence que la nature lui a donnés.
Lui reprocher de voir les choses belles ou laides, petites ou épiques; , gracieuses ou sinistres, c'est lui reprocher d'être conformé de telle ou telle façon et de ne pas avoir une vision concordant avec la nôtre.
Laissons­le libre de comprendre, d'observer, de concevoir comme il lui plaira, pourvu qu'il soit un artiste. Devenons poétiquement exaltés pour juger un idéaliste et prouvons­lui que son rêve est médiocre, banal, pas assez fou ou magnifique. Mais si nous jugeons un naturaliste, montrons­lui en
quoi la vérité dans la vie diffère de la vérité dans son livre.
Il est évident que des écoles si différentes ont dû employer des procédés de composition absolument opposés.
Le romancier qui transforme la vérité constante, brutale et déplaisante, pour en tirer une aventure exceptionnelle et séduisante, doit, sans souci exagéré de la vraisemblance, manipuler les événements à son gré, les préparer et les arranger pour plaire au lecteur, l'émouvoir ou l'attendrir. Le plan de son roman n'est qu'une série de combinaisons ingénieuses conduisant avec adresse au dénouement. Les incidents sont disposés et gradués vers le point culminant et l'effet de la fin, qui est un événement capital et décisif, satisfaisant toutes les curiosités éveillées au début, mettant une barrière à l'intérêt, et terminant si complètement l'histoire racontée qu'on ne désire plus savoir ce que deviendront, le lendemain, les personnages les plus attachants.
Le romancier, au contraire, qui prétend nous donner une image exacte de la vie, doit éviter avec soin tout enchaînement d'événements qui paraîtrait exceptionnel. Son but n'est point de nous raconter une histoire, de nous amuser ou de nous attendrir, mais de nous forcer à penser, à comprendre le sens profond et caché des événements. A force d'avoir vu et médité, il regarde l'univers, les choses, les faits et les hommes d'une certaine façon qui lui est propre et qui résulte de l'ensemble de ses observations réfléchies. C'est cette vision personnelle du monde qu'il cherche à nous communiquer en la reproduisant dans un livre. Pour nous émouvoir, comme il l'a été lui-même par le spectacle de la vie, il doit la reproduire devant nos yeux avec une scrupuleuse ressemblance. Il devra donc composer son oeuvre d'une manière si adroite, si dissimulée, et d'apparence si simple, qu'il soit impossible d'en
apercevoir et d'en indiquer le plan, de découvrir ses intentions.
Au lieu de machiner; une aventure et de la dérouler de façon à la rendre intéressante jusqu'au dénouement, il prendra son ou ses personnages à une certaine période de leur existence et les conduira, par des transitions naturelles, jusqu'à la période suivante. Il montrera de cette façon, tantôt comment les esprits se modifient sous l'influence des circonstances environnantes, tantôt comment se développent les sentiments et les passions, comment on s'aime, comment on se hait, comment on se combat dans tous les milieux sociaux, comment luttent les intérêts bourgeois, les intérêts d'argent, les intérêts de famille, les intérêts politiques.
L'habileté de son plan ne consistera donc point dans l'émotion ou dans le charme, dans un début attachant ou dans une catastrophe émouvante, mais dans le groupement adroit de petits faits constants d'où se dégagera le sens définitif de l'oeuvre. S'il fait tenir dans trois cents pages dix ans d'une vie pour montrer quelle a été, au milieu de tous les êtres qui l'ont entourée, sa signification particulière et bien caractéristique, il devra savoir éliminer, parmi les menus événements innombrables et quotidiens tous ceux qui lui sont inutiles, et mettre en lumière, d'une façon spéciale, tous ceux qui seraient demeurés inaperçus pour des observateurs peu clairvoyants et qui donnent au livre sa portée, sa valeur d'ensemble.
On comprend qu'une semblable manière de composer, si différente de l'ancien procédé visible à tous les yeux, déroute souvent les critiques, et qu'ils ne découvrent pas tous les fils si minces, si secrets, presque invisibles, employés par certains artistes modernes à la place de la ficelle unique qui avait nom : l'Intrigue.
En somme, si le Romancier d'hier choisissait et racontait les crises de la vie, les états aigus de l'âme et du coeur, le Romancier d'aujourd'hui écrit l'histoire du coeur, de l'âme et de l'intelligence à l'état normal. Pour produire l'effet qu'il poursuit, c'est­à­dire l'émotion de la simple réalité et pour dégager l'enseignement artistique qu'il en veut tirer, c'est­à­dire la révélation de ce qu'est véritablement l'homme contemporain devant ses yeux, il devra n'employer que des faits d'une vérité irrécusable et constante.
Mais en se plaçant au point de vue même de ces artistes réalistes, on doit discuter et contester leur théorie qui semble pouvoir être résumée par ces mots : « Rien que la vérité et toute la vérité. »
Leur intention étant de dégager la philosophie de certains faits constants et courants, ils devront souvent corriger les événements au profit de la vraisemblance et au détriment de la vérité, car
Le réaliste, s'il est un artiste, cherchera, non pas à nous montrer la photographie banale de la vie, mais à nous en donner la vision plus complète, plus saisissante, plus probante que la réalité même.
Raconter tout serait impossible, car il faudrait alors un volume au moins par journée, pour énumérer les multitudes d'incidents insignifiants qui emplissent notre existence.
Un choix l'impose donc, ­ ce qui est une première atteinte à la théorie de toute la vérité.
La vie, en outre, est composée des choses les plus différentes, les plus imprévues, les plus contraires, les plus disparates ; elle est brutale, sans suite, sans chaîne, pleine de catastrophes inexplicables, illogiques et contradictoires qui doivent être classées au chapitre faits divers.
Voilà pourquoi l'artiste, ayant choisi son thème, ne prendra dans cette vie encombrée de hasards et de futilités que les détails caractéristiques utiles à son sujet, et il rejettera tout le reste, tout l'à­côté.
Un exemple entre mille :

Le nombre des gens qui meurent chaque jour par accident est considérable sur la terre. Mais pouvons ­nous faire tomber une tuile sur la tête d'un
personnage principal, ou le jeter sous les roues d'une voiture, au milieu d'un récit, sous prétexte qu'il faut faire la part de l'accident.

La vie encore laisse tout au même plan, précipite les faits ou les traîne indéfiniment. L'art, au contraire, consiste à user de précautions et de préparations, à ménager des transitions savantes et dissimulées, à mettre en pleine lumière, par la seule adresse de la composition, les événements essentiels et à donner à tous les autres le degré de relief qui leur convient, suivant leur importance, pour produire la sensation profonde de la vérité spéciale qu'on veut montrer.

Faire vrai consiste donc à donner l'illusion complète du vrai, suivant la logique ordinaire des faits, et non à les transcrire servilement dans le pêle­mêle de leur succession.

J'en conclus que les Réalistes de talent devraient s'appeler plutôt des Illusionnistes.

Quel enfantillage, d'ailleurs, de croire à la réalité puisque nous portons chacun la nôtre dans notre pensée et dans nos organes. Nos yeux, nos oreilles, notre odorat, notre goût différents créent autant de vérités qu'il y a d'hommes sur la terre. Et nos esprits qui reçoivent les instructions de ces organes, diversement impressionnés, comprennent, analysent et jugent comme si chacun de nous appartenait à une autre race.

Chacun de nous se fait donc simplement une illusion du monde, illusion poétique, sentimentale, joyeuse, mélancolique, sale ou lugubre suivant sa nature. Et l'écrivain n'a d'autre mission que de reproduire fidèlement cette illusion avec tous les procédés d'art qu'il a appris et dont il peut
disposer.

Illusion du beau qui est une convention humaine ! Illusion du laid qui est une opinion changeante ! Illusion du vrai jamais immuable ! Illusion de l'ignoble qui attire tant d'êtres ! Les grands artistes sont ceux qui imposent à l'humanité leur illusion particulière.

Ne nous fâchons donc contre aucune théorie puisque chacune d'elles est simplement l'expression généralisée d'un tempérament qui
s'analyse.

Il en est deux surtout qu'on a souvent discutées en les opposant l'une à l'autre au lieu de les admettre l'une et l'autre : celle du roman d'analyse pure et celle du roman objectif. Les partisans de l'analyse demandent que l'écrivain s'attache à indiquer les moindres évolutions d'un esprit et tous les mobiles les plus secrets qui déterminent nos actions, en n'accordant au fait lui­même qu'une importance très secondaire. Il est le point d'arrivée, une simple borne, le prétexte du roman. Il faudrait donc, d'après eux, écrire ces oeuvres précises et rêvées où l'imagination se confond avec l'observation, à la manière d'un philosophe composant un livre de psychologie, exposer les causes en les prenant aux origines les plus lointaines, dire tous les pourquoi de tous les vouloirs et discerner toutes les réactions de l'âme agissant sous l'impulsion des intérêts, des passions ou des instincts.

Les partisans de l'objectivité (quel vilain mot !) prétendant, au contraire, nous donner la représentation exacte de ce qui a lieu dans la vie, évitent avec soin toute explication compliquée, toute dissertation sur les motifs, et se bornent à faire passer sous nos yeux les personnages et les
événements.

Pour eux, la psychologie doit être cachée dans le livre comme elle est caché en réalité sous les faits dans l'existence.

Le roman conçu de cette manière y gagne de l'intérêt, du mouvement dans le récit, de la couleur, de la vie remuante.

Donc, au lieu d'expliquer longuement l'état d'esprit d'un personnage, les écrivains objectifs cherchent l'action ou le geste que cet état d'âme doit faire accomplir fatalement à cet homme dans une situation déterminée. Et ils le font se conduire de telle manière, d'un bout à l'autre du volume, que tous ses actes, tous ses mouvements, soient le reflet de sa nature intime, de toutes ses pensées, de toutes ses volontés ou de toutes ses hésitations. Ils cachent donc la psychologie au lieu de l'étaler, ils en font la carcasse de l'oeuvre, comme l'ossature invisible est la carcasse du corps humain. Le peintre qui fait notre portrait ne montre pas notre squelette.

Il me semble aussi que le roman exécuté de cette façon y gagne en sincérité. Il est d'abord plus vraisemblable, car les gens que nous voyons agir autour de nous ne nous racontent point les mobiles auxquels ils
obéissent.

Il faut ensuite tenir compte de ce que, si, à force d'observer les hommes, nous pouvons déterminer leur nature assez exactement pour prévoir leur manière d'être dans presque toutes les circonstances, si nous pouvons dire avec précision : « Tel homme de tel tempérament, dans tel cas, fera ceci », il ne s'ensuit point que nous puissions déterminer, une à une,
toutes les secrètes évolutions de sa pensée qui n'est pas la nôtre, toutes les mystérieuses sollicitations de ses instincts qui ne sont pas pareils aux nôtres, toutes les incitations confuses de sa nature dont les organes, les nerfs, le sang, la chair, sont différents des nôtres.

Quel que soit le génie d'un homme faible, doux, sans passions, aimant
uniquement la science et le travail, jamais il ne pourra se transporter assez complètement dans l'âme et dans le corps d'un gaillard exubérant, sensuel, violent, soulevé par tous les désirs et même par tous les vices, pour comprendre et indiquer les impulsions et les sensations les plus intimes de cet être si différent, alors même qu'il peut fort bien prévoir et raconter tous les actes de sa vie.

En somme, celui qui fait de la psychologie pure ne peut que se substituer à tous ses personnages dans les différentes situations où il les place, car il lui est impossible de changer ses organes, qui sont les seuls intermédiaires entre la vie extérieure et nous, qui nous imposent leurs perceptions, déterminent notre sensibilité, créent en nous une âme essentiellement différente de toutes celles qui nous entourent. Notre vision, notre connaissance du monde acquise par le secours de nos sens, nos idées sur la vie, nous ne pouvons que les transporter en partie dans tous les personnages dont nous prétendons dévoiler l'être intime et inconnu. C'est donc toujours nous que nous montrons dans le corps d'un roi, d'un assassin, d'un voleur ou d'un honnête homme, d'une courtisane, d'une religieuse, d'une jeune fille ou d'une marchande aux halles, car nous sommes obligés de nous poser ainsi le problème : « si j'étais roi, assassin, voleur, courtisane, religieuse, jeune fille ou marchande aux halles, qu'est­ce que je ferais, qu'est­ce que je penserais, comment est­ce que j'agirais ? « Nous ne diversifions donc nos personnages qu'en changeant l'âge, le sexe, la situation sociale et toutes les circonstances de
la vie de notre moi que la nature a entouré d'une barrière d'organes infranchissable.

L'adresse consiste à ne pas laisser reconnaître ce moi par le lecteur sous tous les masques divers qui nous servent à le cacher.

Mais si, au seul point de vue de la complète exactitude, la pure analyse psychologique est contestable, elle peut cependant nous donner des oeuvres d'art aussi belles que toutes les autres méthodes de travail.

Voici, aujourd'hui, les symbolistes. Pourquoi pas ? Leur rêve d'artistes est respectable ; et ils ont cela de particulièrement intéressant qu'ils savent et qu'ils proclament l'extrême difficulté de
l'art.

Il faut être, en effet, bien fou, bien audacieux, bien outrecuidant ou bien sot, pour écrire encore aujourd'hui ! Après tant de maîtres aux natures si variées, au génie si multiple, que reste­t­il à faire qui n'ait été dit ? Qui peut se vanter, parmi nous, d'avoir écrit une page, une phrase qui ne se trouve déjà, à peu près pareille, quelque part ? Quand nous lisons, nous, si saturés d'écriture française que notre corps entier nous donne l'impression d'être une pâte faite avec des mots, trouvons­nous jamais une ligne, une pensée qui ne nous soit familière, dont nous ayons eu, au moins, le confus pressentiment ?

L'homme qui cherche seulement à amuser son public par des moyens déjà connus, écrit avec confiance, dans la candeur de sa médiocrité, des oeuvres destinées à la foule ignorante et désoeuvrée. Mais ceux sur qui pèsent tous les siècles de la littérature passée, ceux que rien ne satisfait, que tout dégoûte parce qu'ils rêvent mieux, à qui tout semble défloré déjà, à qui leur oeuvre donne toujours l'impression d'un travail inutile et commun, en arrivent à juger l'art littéraire une chose insaisissable, mystérieuse, que nous dévoilent à peine quelques pages des plus grands
maîtres.

Vingt vers, vingt phrases, lus tout à coup nous font tressaillir jusqu'au coeur comme une révélation surprenante ; mais les vers suivants ressemblent à tous les vers, la prose qui coule ensuite ressemble à toutes les proses.

Les hommes de génie n'ont point, sans doute, ces angoisses et ces tourments, parce qu'ils portent en eux une force créatrice irrésistible. Ils ne se jugent pas eux-mêmes. Les autres, nous autres qui sommes simplement des travailleurs conscients et tenaces, nous ne pouvons lutter contre l'invincible découragement que par la continuité de
l'effort.

Deux hommes par leurs enseignements simples et lumineux m'ont donné cette force de toujours tenter : Louis Bouilhet et Gustave Flaubert.

Si je parle ici d'eux et de moi, c'est que leurs conseils, résumés en peu de lignes, seront peut-être utiles à quelques jeunes gens moins confiants en eux-mêmes qu'on ne l'est d'ordinaire quand on débute dans les lettres.

Bouilhet, que je connus le premier d'une façon un peu intime, deux ans environ avant de gagner l'amitié de Flaubert, à force de me répéter que cent vers, peut-être moins, suffisent à la réputation d'un artiste, s'ils sont irréprochables et s'ils contiennent l'essence du talent et de l'originalité d'un homme même de second ordre, me fit comprendre que le travail continuel et la connaissance profonde du métier peuvent, un jour de lucidité, de puissance et d'entraînement, par la rencontre heureuse d'un sujet concordant bien avec toutes les tendances de notre esprit, amener cette éclosion de l'oeuvre courte, unique et aussi parfaite que nous la pouvons produire.

Je compris ensuite que les écrivains les plus connus n'ont presque jamais laissé plus d'un volume et qu'il faut, avant tout, avoir cette chance de trouver et de discerner, au milieu de la multitude des matières qui se présentent notre choix, celle qui absorbera toutes nos facultés, toute notre valeur, toute notre puissance artiste.

Plus tard, Flaubert, que je voyais quelquefois, se prit d'affection pour moi. J'osai lui soumettre quelques essais. Il les lut avec bonté et me répondit : « Je ne sais pas si vous aurez du talent. Ce que vous m'avez apporté prouve une certaine intelligence, mais n'oubliez point ceci, jeune homme que le talent ­ suivant le mot de Chateaubriand ­ n'est qu'une longue patience. Travaillez. »

Je travaillai, et je revins souvent chez lui, comprenant que je lui plaisais, car il s'était mis à m'appeler, en riant, son disciple.

Pendant sept ans je fis des vers, je fis des contes, je fis des nouvelles, je fis même un drame détestable. Il n'en est rien resté. Le maître lisait tout, puis le dimanche suivant, en déjeunant, développait ses critiques et enfonçait en moi, peu à peu, deux ou trois principes qui sont le résumé de ses longs et patients enseignements.
Si on a une originalité, disait­il, il faut avant tout la dégager ; si on n'en a
pas, il faut en acquérir une. »

­ Le talent est une longue patience. ­ Il s'agit de regarder tout ce
qu'on veut exprimer assez longtemps et avec assez d'attention pour en
découvrir un aspect qui n'ait été vu et dit par personne. Il y a, dans tout,
de l'inexploré, parce que nous sommes habitués à ne nous servir de nos yeux
qu'avec le souvenir de ce qu'on a pensé avant nous sur ce que nous
contemplons. La moindre chose contient un peu d'inconnu. Trouvons­le. Pour
décrire un feu qui flambe et un arbre dans une plaine, demeurons en face de ce feu et de cet arbre jusqu'à ce qu'ils ne ressemblent plus, pour nous, à aucun autre arbre et à aucun autre feu.

C'est de cette façon qu'on devient original. Ayant, en outre, posé cette vérité qu'il n'y a pas, de par le monde entier, deux grains de sable, deux mouches, deux mains ou deux nez absolument pareils, il me forçait à exprimer, en quelques phrases, un être ou un objet de manière à le particulariser nettement, à le distinguer de tous les autres êtres ou de tous les autres objets de même race ou de même espèce.

« Quand vous passez, me disait­il, devant un épicier assis sur sa porte, devant un concierge qui fume sa pipe, devant une station de fiacres , montrez­moi cet épicier et ce concierge, leur pose, toute leur apparence physique contenant aussi, indiquée par l'adresse de l'image, toute leur nature morale, de façon à ce que je ne les confonde avec aucun autre épicier ou avec aucun autre concierge, et faites­moi voir, par un seul mot, en quoi un cheval de fiacre ne ressemble pas aux cinquante autres qui le suivent et le précèdent . »

J'ai développé ailleurs ses idées sur le style. Elles ont de grands rapports avec la théorie de l'observation que je viens d'exposer.

Quelle que soit la chose qu'on veut dire, il n'y a qu'un mot pour l'exprimer, qu'un verbe pour l'animer et qu'un adjectif pour le qualifier. Il faut donc chercher, jusqu'à ce qu'on les ait découverts, ce mot, ce verbe et cet adjectif, et ne jamais se contenter de l'à­peu­près, ne jamais avoir recours à des supercheries, mêmes heureuses, à des clowneries de langage pour éviter la difficulté.

On peut traduire et indiquer les choses les plus subtiles en appliquant ce vers de Boileau :

D'un mot mis en sa place enseigna le pouvoir.
Il n'est point besoin du vocabulaire bizarre, compliqué, nombreux et chinois qu'on nous impose aujourd'hui sous le nom d'écriture artiste, pour fixer toutes les nuances de la pensée ; mais il faut discerner avec une extrême lucidité toutes les modifications de la valeur d'un mot suivant la place qu'il occupe. Ayons moins de noms, de verbes et d'adjectifs au sens presque insaisissables, mais plus de phrases différentes, diversements construites, ingénieusement coupées, pleines de sonorités et de rythmes savants. Efforçons­nous d'être des stylistes excellents plutôt que des
collectionneurs de termes rares.

Il est, en effet, plus difficile de manier la phrase à son gré, de lui faire tout dire, même ce qu'elle n'exprime pas, de l'emplir de sous­entendus, d'intentions secrètes et non formulées, que d'inventer des expressions nouvelles ou de rechercher, au fond de vieux livres inconnus, toutes celles dont nous avons perdu l'usage et la signification, et qui sont pour nous comme des verbes morts.

La langue française, d'ailleurs, est une eau pure que les écrivains maniérés n'ont jamais pu et ne pourront jamais troubler. Chaque siècle a jeté dans ce courant limpide ses modes, ses archaïsmes prétentieux et ses préciosités, sans que rien surnage de ces tentatives inutiles, de ces efforts impuissants. La nature de cette langue est d'être claire, logique et nerveuse. Elle ne se laisse pas affaiblir, obscurcir ou corrompre.

Ceux qui font aujourd'hui des images, sans prendre garde aux termes abstraits, ceux qui font tomber la grêle ou la pluie sur la propreté des vitres, peuvent aussi jeter des pierres à la simplicité de leurs confrères qui ont un corps, mais n'atteindront jamais la simplicité qui n'en a pas.

Guy de Maupassant
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